AVENT PREMIÈRE ÉTAPE: 1r lundi à 2nd mercredi

Lundi       1e. semaine
Mardi       1e. semaine
Mercredi  1e. semaine
Jeudi         1e. semaine
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1 Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines.

2 Sur lui reposera l'Esprit du SEIGNEUR: esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de vaillance, esprit de connaissance et de crainte du SEIGNEUR

3 - et il lui inspirera la crainte du SEIGNEUR. Il ne jugera pas d'après ce que voient ses yeux, il ne se prononcera pas d'après ce qu'entendent ses oreilles.

4 Il jugera les faibles avec justice, il se prononcera dans l'équité envers les pauvres du pays                                                               

                                                                      (Is 11,1-4)

 

LUNDI PREMIÈRE SEMAINE
Is 4,2-6 (De préférence les années A)
Is 2,1-5 (De préférence les années B et C)
Réponse du Psaume : *Dans la joie, nous marchons vers toi, Seigneur. Dans la joie, nous marchons vers toi. (EqC «3)
                                          *Allons dans la joie à la rencontre du Seigneur (Mis noté, 79/A)
                                          *J’étais dans la joie, alléluia, quand je suis parti vers la maison du Seigneur (MNV 149)
Mt 8,5-11

Introduction
Nous allons demander tout à l’heure, dans la prière d’ouverture, que le Seigneur Jésus, quand il viendra frapper notre porte, nous trouve vigilants dans la prière et heureux de chanter sa louange. « Vigilants » et « heureux » : voici ce qui nous est demandé au moment d’entrer dans la célébration. Pour nos négligences, demandons pardon.

Pour l’homélie
Le thème proposé à Is 2,1-5.- Deux idées parallèles. A) Le mont Sion, est « élevé » à la tête des montagnes pour rassembler toutes les nations, en opposition à la Tour de Babel, qui divise. B) Convocation universelle à la liturgie festive qui va être célébré à la nouvelle Sion ; avec un accent posé sur l’écoute de la Parole du Seigneur.

L’accomplissement du thème à l’évangile.- La foi du Centurion consiste à reconnaître Jésus comme « le subordonné » de Dieu ; donc en jouissant de son autorité, en étant son envoyé légitime, pour l’accomplissement de la guérison, en tant que maître de la nature. De même que lui, le Centurion, donne des ordres qui s’accomplissent en toute fidélité par ses sujets, grâce à l’autorité qui lui vient de l’Empereur, Jésus en donne aussi par l’autorité qui lui vient de Dieu. La demandée que la guérison soit accomplie à distance, c’est par respect pour Jésus lui-même : lui, juif, ne pouvait pas entrer dans la maison d’un païen sans se souiller d’une impureté légale. Jésus déclare que la foi du Centurion devient comme les prémices « des nations » annoncées par Isaïe venant d’orient et d’occident (c’est-à-dire de partout) pour prendre place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume. « Il arrivera dans l’avenir », c’est-à-dire aux temps messianiques. C’est cela que l’Avent nous propose d’attendre… et non seulement la naissance à Bethlehem. Nous appartenons à ceux qui doivent arriver d’Orient et d’Occident. Demandons-nous sur notre foi au Christ. C’est elle qui doit nous rendra capables de nous asseoir à la table du Rège.

Passage au rite
Malgré ce que Jésus avait dit aux disciples de ne pas entrer ni dans les villages des samaritains ni des païens, il s’est intéressé à ce centurion païen. Cette ouverture de Jésus l’a conduit, en fin de comptes, à la croix. Nous sommes les témoins, dans le sacrement, de ce que Jésus a fait pour nous, païens d’origine.

Pour le Notre Père
Nous avons, peut-être, davantage des raisons que le Centurion de proclamer : « Seigneur, je ne suis pas digne… ». Nous voici en disant « pardonne-nous comme nous pardonnons » pour pouvoir arriver à nous asseoir à la table du Seigneur.      retour


MARDI PREMIÈRE SEMAINE
Is 11,1-10
Réponse du psaume : Voici venir des jours de justice et de paix (Mis. noté, p.42/A)
Lc 10,21-24

Introduction
La célébration liturgique accomplit le « déjà là, mais pas encore » du Mystère du Salut. Nous y participons : « nous célébrons la présence parmi nous de celui qui doit venir » pas simplement à Noël, mais aussi à la fin des temps… et encore tout de suite à l’eucharistie. Que le Seigneur nous accorde la guérison dans laquelle la dégradation du péché nous a plongés.

Pour l’homélie
Le thème proposé par Is 11,1-10.- Ce jour-là, formule typique pour annoncer les temps messianiques. Le Roi Messie issu de la racine de Jessé (descendant de…) se verra envahi par l’Esprit de Dieu qui lui fera don de six vertus, présentées deux par deux, les unes concernant ses devoirs envers Dieu, les autres ses devoirs envers les hommes. Ces vertus sont également celles de ses ancêtres : le rejeton royal est nourri de la même sève que l’arbre ancestral : l’intelligence et la sagesse de Salomon (
Dieu lui dit: «Puisque tu as demandé cela et que tu n'as pas demandé pour toi une longue vie, que tu n'as pas demandé pour toi la richesse, que tu n'as pas demandé la mort de tes ennemis, mais que tu as demandé le discernement pour gouverner avec droiture, voici, j'agis selon tes paroles: je te donne un cœur sage et perspicace, de telle sorte qu'il n'y a eu personne comme toi avant toi, et qu'après toi, il n'y aura personne comme toi (1 R 2,11-12) ; la force de David, la crainte des patriarches (Abraham reprit et dit: «Je vais me décider à parler à mon Seigneur, moi qui ne suis que poussière et cendre. Peut-être parmi les cinquante justes… Gn 18,27-28 ; [Jacob] Il eut peur et s'écria : « Que ce lieu est redoutable ! Il n'est autre que la maison de Dieu, c'est la porte du ciel», Gn 28,17) (Maertens-Frisque, Guide I, 70). Une sorte de retour à la paix paradisiaque est assurée, celle qu’il y avait avant que le péché n’introduise la guerre et la mort entre les êtres créés.

L’accomplissement du thème à l’évangile.- Saint Luc nous présente Jésus comme en accomplissant cette prophétie d’Isaïe parce qu’il « exulte de joie sous l’action de l’Esprit Saint ».
Non seulement par cette expression, qui dit la réalité du mystère personnel de Jésus (rempli de l’Esprit Saint), mais aussi parce que lui-même se proclame rassembleur d’un peuple de tout-petits, peuple pacifique, car conscient d’avoir Dieu comme Abbâ, grâce à la révélation que Jésus seul a la possibilité de faire. À l’opposé, les sages et les savants avec leurs savoirs, sont plutôt prêts à la querelle et à la dispute, tels que cela est apparu pendant le ministère de Jésus.

Passage au rite
« Ce que vous voyez et entendez » n’avait de sens que dans la foi. Pour les disciples historiques de Jésus et pour nous-mêmes aujourd’hui. Heureux sommes-nous, par contre, de voir et entendre dans la foi le Mystère Pascal dans notre célébration eucharistique.

Pour le Notre Père
« Personne ne connaît le Père »… Personne ne peut prier le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler… et veut lui apprendre à prier. Comme nous l’avons donc appris de lui, disons…    retour


MERCREDI PREMIÈRE SEMAINE
Is 25,6-10a
Réponse du Psaume : Près de toi, Seigneur, sans fin nous vivrons ! (Mis. noté, 13/B) (M.N.Vert, 39/3)
Mt 19,29-37

Introduction
Comme les foules de l’évangile nous suivons Jésus jour après jour à la petite messe. Lui-même, pris de miséricorde pour nous, il nous enseigne et nous nourrit. Ce qui se passe maintenant anticipe le bonheur de « ce jour là », lorsque les temps seront parfaitement accomplis. Que le Seigneur veuille guérir les blessures de nos péchés.

Pour l’homélie
Le thème proposé par Is 25,6-10a.- Isaïe imagine l’arrivée des temps messianique (ce jour-là) comme étant le jour de la victoire de Yahvé sur ses ennemis. L’ennemi vaincu est la mort. Cette victoire est célébrée avec un succulent banquet auquel sont invités les amis du roi victorieux ; en l’occurrence tous les peuples de terre. Le banquet se passe sur sa montagne – celle de Sion ? celle des Béatitudes ? celle du Calvaire ? sur la « chambre haute ? » – ; ce n’est pas un banquet avec des amis mais avec des alliés. C’est un banquet pour marquer une alliance.

L’accomplissement du thème à l’évangile.- « Il gravit la montagne » ; on se sait pas laquelle ; en tout cas « la sienne », comme celle d’Isaïe. Il « essuie les larmes sur tous les visages » à cause de toute sorte de souffrances ; en vainquant la maladie il fait reculer la mort… « il enlève la voile de deuil » qui enveloppe l’humanité.
L’accomplissement ne s’arrête pas ici. Jésus offre à la foule – j’insiste : non juive, comme nous autres – un repas festif aux quatre mille qui s’étaient rassemblés. Dans territoire non juif, pour des gens non juives, à partir des « sept pains », dont il en resta encore « sept corbeilles pleines». Ils « ont été rassasiés »…
Avec Jésus le « ce jour-là » fut réellement arrivé… mais aussi « pas encore ». Car le pain qui leur fut donné n’était que pain terrestre ; pas encore le pain de « ce jour » : le jour de l’éternité ; le pain qui nous nourrira pour l’éternité : foi sur terre, vision face à face dans la gloire.

Passage au rite
La célébration nous a guéris, à la préparation pénitentielle ; la célébration nous a instruit, à la liturgie de la Parole ; la célébration va nous nourrir, à la communion, « du corps et du sang » – de la vie – offerts par Jésus le long de son ministère.

Pour le Notre Père
Il n’était pas nécessaire de nous apprendre à demander le pain pour apaiser notre faim corporelle. Jésus nous apprend à prier pour que nous nous rendions compte d’une nécessité qui, peut-être, nous ignorions : celle de nourrir notre foi. Ainsi donc comme il nous a été enseigné, nous osons dire :    retour


JEUDI PREMIÈRE SEMAINE
Is 26,1-6
Réponse du Psaume : Béni soit au nom du Seigneur, Celui qui vient sauver son peuple. (?)
Mt 7,21.24-27

Introduction
Comme jadis sur la montagne des Béatitudes, nous nous sommes rassemblés avec Jésus pour célébrer son mémorial et l’offrir au Père, à qui il sied tout honneur et toute gloire. Mais il faut que nos œuvres correspondent à nos louanges. Que le Seigneur, veuille pardonner nos incohérences.

Pour l’homélie
Le thème proposé par Is 26,1-6.- Toujours « en ce jour-là »… il faut traverser le temps jusqu’au retour du Christ en gloire. Un peu comme saint Augustin dans « La cité de Dieu », Is 26 imagine deux cités symboliques, l’une du bien, l’autre du mal, qui se sont opposées. De leur combat, la cité du bien en est sortie victorieuse. L’oracle proclame cette victoire : assurance de paix ; le Seigneur en est lui-même le Rocher et le Rempart. Rien à craindre de ennemis.
Ceux qui avaient été écrasés par le pouvoir du mal, piétinent maintenant les ruines de celle qui les avait tourmentés.
On a le droit à penser aussi aux villes apocalyptiques de Jean « La Babylone terrestre » et « la Jérusalem céleste ».

L’accomplissement du thème à l’évangile.- Jésus est l’architecte de la Cité du Bien, de la Jérusalem qui chemine dans le temps vers la Jérusalem céleste. Urbs Jérusalem beata… vivis ex lapidibus. Ville sainte de Jérusalem construite avec des pierres vivantes.
Cette vie nous est donnée, ces pierres vivantes, au Baptême, et elle doit se manifester nécessairement par les bonnes œuvres. Non seulement par de bonnes paroles, ou de belles liturgies. Pas seulement « Seigneur, Seigneur » ; mais il faut aussi faire la volonté de notre Père qui est au cieux.
Bâtir sur le roc, pour résister aux tempêtes de toute sorte, c’est s’accrocher fermement, solidement, inséparablement, au Christ, en accomplissant sa Parole, en suivant ses exemples.
Jésus nous offre tout ce dont nous avons besoin pour que nous aussi puissions appartenir la Cité du Bien ; puissions-nous faire apparaître un peu la cité annoncée par Isaïe.

Passage au rite
Une cité victorieuse comme la victoire de Jésus sur la Croix. Paradoxale ; mais réelle. Faire le bien en se remettant en tout à la justice de Dieu le Père ; sans chercher à se justifier soi-même. C’est le modèle auquel la célébration eucharistique nous propose d’adhérer.

Pour le Notre Père
« Il ne suffit pas de me dire : Notre Père, Notre Père… » mais il faut accomplir ce que vous dites en répétant la prière que je vous ai appris. Seigneur, viens à notre aide car, malgré nos incohérences, nous osons dire…   retour


VENDREDI PREMIÈRE SEMAINE
Is 29,17-24
Réponse du Psaume : Le Seigneur est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je crainte ? (EqC 61)
Mt 9,27-31

Introduction
L’Avent est le temps de l’attente ; le temps de l’espérance assurée. Si l’espérance des anciens fut accomplie à Noël année 1 ; nous sommes sûrs que notre espérance ne sera pas déçue. Elle s’appuie sur la promesse de Jésus lui-même. L’Eucharistie rend présent l’accomplissement de notre attente. « Viens, Seigneur Jésus ! » Qu’il veuille nous pardonner nos péchés.

Pour l’homélie
Le thème proposé par Is 29,17-24.- Il y aura renversement de situations, c’est l’annonce de l’oracle d’Isaïe, à partir d’un projet d’alliance proposée par Egypte à Samarie et Juda contre l’Assyrie. Le verger (les humbles) deviendra forêt (puissants) en même temps que le puissant Liban deviendra verger (humilié).
L’expression caractéristique des annonces messianiques « en ce jour-là » nous invite à dépasser la possible vérification historique pour voir l’accomplissement à la fin des temps. Parmi les petits, pauvres et humbles, dont la situation sera changée, il y a aussi les aveugles.

L’accomplissement du thème à l’évangile.- Les deux aveugles proclament leur foi messianique en Jésus. « Aie pitié de nous, Fils de David ! » peut faire allusion à l’oracle messianique d’Isaïe ; celle-ci peut être la raison pour laquelle Jésus exige le silence – plus ou moins difficile à respecter – car leur guérison signifiait l’accomplissement de cette prophétie messianique (de même qu’en Is 35,5 : Alors, les yeux des aveugles verront et les oreilles des sourds s'ouvriront) et la reconnaissance intempestive de Jésus comme le Messie.
En tout cas, Jésus a accompli ce qu’Isaïe annonçait. Dans une certaine mesure « ce jour-là » était arrive avec Jésus.
Si l’une des raisons du « silence » imposé était qu’il fallait que Jésus Messie passe d’abord par la Croix et qu’il ressuscite, compte tenu que cette « condition » est déjà là, rien ne nous oblige à garder en silence la messianité de Jésus. Bien sûr, la sienne, d’après sa pensée ; non d’après la nôtre   

Passage au rite
Jésus n’a répondu à la demande des aveugles que lorsqu’il est arrivé dans la maison. Le parcours fut-il long ou court ? En tout cas, nos yeux ne seront grand ouverts pour voir Dieu face à face que lorsque nous serons « chez lui » ; alors il n’y aura plus la foi, mais la vision. En attendant nous allons célébrer dans la foi – peut-être obscure – le salut que Jésus nous a accordé. Qu’il veuille ouvrir les yeux de notre cœur.

Pour le notre Père
Au moment de réciter encore une fois la Prière du Seigneur, entendons-nous dire de sa part : « Croyez-vous que je peux faire de vous des enfants de Dieu ? » Si nous osons dire « Oui », nous avons droit a dire la prière que lui, il nous a enseigné.    retour


SAMEDI PREMIÈRE SEMAINE
Is 30,19-21.23-26
Réponse du Psaume : Bénissons notre Dieu, qui guérit nos blessures (EqC 168) (MNV 175/1)
Mt 9,35 – 10,1.6-8

Introduction
Souvent nous nous posons des questions sur notre liberté. Être libre c’est se reconnaître sans entraves, sans empêchements. Mais ce qui nous qualifie, c’est ce en quoi nous investissons notre liberté. A la prière d’ouverture nous allons demander la vraie liberté : « être vraiment libres pour aimer Dieu ». Qu’il veuille aussi nous pardonner nos refus d’aimer.

Pour l’homélie
Thème proposé par Is 30,19-21.23-26.- Dieu, plein de miséricorde, annonce par le prophète qu’il va donner à son peuple ce dont il a besoin pour bien vivre ; va le guider sur le chemin de la fidélité ; l’abondance remplira les champs ensemencés et les étables du bétail. L’eau ne manquera pas. Et la lumière deviendra aussi source de guérison.

L’accomplissement du thème à l’évangile.- Saint Matthieu dit que la vue des foules provoqua que Jésus fut ému aux entrailles (έσπλαγχνίσθη). Le même mot pour dire l’émotion du père au retour du fils prodigue ; du samaritain à la vue du blessé sur le chemin ; de Jésus en face du cortège funèbre de Naïm, et d’autres. Pour accomplir le projet de Dieu exprimé par Isaïe 30 (à la première lecture), Jésus demande de prier le Père, le maître de la moisson, pour qu’il y envoie des ouvriers à exercer sa miséricorde.
Dans sa compassion Jésus ne reste pas seulement à demander la prière : il envoie les Douze en apprentissage missionnaire. Jésus « guérissait tout maladie et toute infirmité » ; les disciples sont envoyés avec « le pouvoir d’expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toue infirmité » (exactement les mêmes mots que pour Jésus) et encore avec l’ordre: « guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons ». Jésus accomplissait l’annonce d’Isaïe ; en plus, il y associe les Douze. Quelqu’un a affirmé, non sans raison, que toute la vie de Jésus a été dirigée guidée, ayant comme objectif : la compassion. Ce qui est dit avec ce mot-là grec, compliqué à prononcer ; mais qui dit bien les émotions qui remuent les entrailles dans leur profondeur.

Passage au rite
La compassion de Jésus pour nous l’a conduit à ne pas refuser la croix, comme prix à payer pour l’annonce de l’amour de Dieu pour tous. Ce serait inimaginable de rester indifférent et froid, au moment de rendre présent sur notre autel la mort et la résurrection du Christ pour nous.

Pour le Notre Père
Que la compassion paternelle dont nous sommes bénéficiaires, se traduise à notre niveau en « compassion fraternelle » ; autrement dire « Notre Père » ce serait une fausseté.    retour


LUNDI DEUXIÈME SEMAINE
Is 35,1-10
Réponse du Psaume : Fais-nous voir, Seigneur, ton amour : que nous soit donné ton salut ! (EqC 2)
Lc 5,17-26

Introduction
L’Avent est aussi le temps de marcher à une rencontre. Il ne faut pas rater le chemin qui devrait nous faire rencontrer Celui qui vient. Demandons que notre prière aplanisse ce chemin. Tout de suite, Isaïe nous dira que l’impur (au sens d’incrédule) n’y passera pas. Que le Seigneur lui-même nous purifie pour pouvoir bien faire notre route.

Pour l’homélie
Thème proposé par Is 35,1-10.- Ce passage, malgré qu'il fasse partie du ch. 35, appartient au IIème Isaïe (chapitres 40-55, qui annoncent le retour de l’Exil). Lui aussi fait partie des annonces de « signes messianiques » dans les guérisons annoncées. Voir vendredi dernier. Le retour au Paradis en est le thème. La venue du Sauveur transformera le désert en paradis (vv. 1-2 ; 6-7) ; toutes les maladies seront guéries (vv. 5-6) et la fatigue elle-même disparaîtra (v. 3). Ces quelques versets annoncent la prochaine abolition des malédictions attribuées à la chute d’Adam : la fatigue (Gn 3,19 : À la sueur de ton visage tu mangeras du pain), la souffrance (Gn 3,16 : Il dit à la femme: «Je ferai qu'enceinte, tu sois dans de grandes souffrances; c'est péniblement que tu enfanteras des fils. »), les épines et les chardons du désert (Gn 3,18 : Il fera germer pour toi l'épine et le chardon et tu mangeras l'herbe des champs) ne seront plus que mauvais souvenirs (Maertens-Frisque, Guide, I, p. 103).Compte tenu de l’évangile choisi pour faire apparaître l’accomplissement de la prophétie, il faut mettre l’accent sur la guérison des boiteux ; sur la marche par la chaussée, « voie sacré », et les conditions pour pouvoir y marcher.


L’accomplissement du thème à l’évangile.- La guérison du paralysé et le pardon de ses péchés font apparaître comment Jésus est Celui qui est venu apporter ces bienfaits qui caractérisent l’arrivée des temps messianiques. Malgré « le pas encore », un vrai « déjà là » est arrivé. Il était présent les années 30, lors du ministère de Jésus, pour inviter à croire en lui (ce qui est exprimé par « tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu ») mais rejeté par ceux qui accusent Jésus de dire « des blasphèmes ». Par le pardon, Jésus a rendu l’homme capable de marcher spirituellement sur « la voie sacrée » qui conduit à la vraie Terre Promise ; et, en plus, il lui a enlevé la paralysie qui lui empêchait de le faire au niveau physique.
Comment la prophétie s’accomplit aujourd’hui ? Surtout par le pardon des péchés. En tout cas, c’était celui-ci l’objectif premier de Jésus… la guérison de la paralysie n’a été faite que comme coincée par l’exigence de « démontrer » la vérité de la parole de pardon. Si nous avions assez de foi pour croire au pardon que Jésus nous offre – « mon sang versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés » – quel besoin aurions-nous de guérisons physiques ?

Passage au rite
Pour annoncer la Bonne Nouvelle du pardon offert par le Père au travers le ministère de Jésus, lui, Jésus, commence par se faire accuser de blasphème. Il n’en sera pas été lapidé… mais crucifié. Nous proclamons sa mort, nous célébrons sa résurrection… Jésus nous assure du pardon de nos péchés. Rendons grâce : « eucharistions » !

Pour le notre Père
Le pécheur paralysé (lui et ses amis) ne pensait probablement qu’à obtenir la guérison de la maladie corporelle. Jésus lui fait rendre compte, et l’a guérit, de ses maladies spirituelles. En nous apprenant à demander pardon de nos péchés, Jésus ne nous accuse pas gratuitement. Il nous fait rendre compte de nos réelles maladies pour que nous puissions en guérir grâce à son pardon.     retour



MARDI DEUXIÈME SEMAINE
Is 40,1-11
Réponse du Psaume : Vienne le Seigneur, le roi de gloire ! Vienne le Messie, le Fils de Dieu ! (EqC 26)
Mt 18,12-14

Introduction
Nous attendons l’arrivée de celui qui vient chercher ce qui s’était égaré et qui lui appartient. Celui qui est venu il y a vingt siècles. Celui dont nous allons célébrer la naissance dans quelques jours. Celui qui viendra chercher chacun de nous un jour particulier de son l’histoire individuelle. Celui qui vient encore maintenant dans notre eucharistie. Qu’il veuille pardonner nos égarements.

Pour l’homélie
Le thème proposé par Is 40,1-11.- « Consolez », litt. Permettez de pousser un profond soupir de soulagement. Ce terme donne aux poèmes leur titre (« Livre de la Consolation ») et leur tonalité : il revient 9 fois dans les ch. 40-55 (IIe Isaïe), et 7 fois dans le ch. 56-66 (IIIe Isaïe) comme pour répondre aux gémissements des Lamentations (par exemple, 1,16 :
C'est là-dessus que je pleure: mes deux yeux se liquéfient ; car loin de moi est le consolateur, celui qui me ranimerait. Mes fils, les voilà ruinés, car l'ennemi a été le plus fort. (Pé) ; 1,9 : Sa souillure est sur sa jupe; elle ne songeait pas à ce qui s'ensuivrait. Sa déchéance est prodigieuse; pas de consolateur pour elle. Vois SEIGNEUR, mon humiliation; l'ennemi en effet se grandit. (Yod) ; 1,16-17 : C'est là-dessus que je pleure: mes deux yeux se liquéfient; car loin de moi est le consolateur, celui qui me ranimerait. Mes fils, les voilà ruinés, car l'ennemi a été le plus fort (Pé) ; Sion tend les mains; pas de consolateur pour elle; le SEIGNEUR mande contre Jacob autour de lui ses adversaires. Jérusalem, au milieu d'eux, est devenue une ordure. (Çadé)).
Les onze premiers versets du ch. 40 constituent un prologue à plusieurs voix : * Voix du prophète à ses frères (1-2) ; ** Voix d’un héraut (3-5) ; ***Voix d’autres messagers (6-8) ; **** Voix de Jérusalem qui reçoit leur message et le transmet aux villes de Juda (9-11).
Le thème proposé pour la liturgie d’aujourd’hui apparaît aux deux derniers versets : Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance… Comme un berger, il conduit son troupeau ; son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits.


L’accomplissement du thème à l’évangile.- La parabole du berger et sa brebis égarée selon Mt met son accent sur la compassion du Père pour les petits de la communauté. Si « votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits se perde », me voici pour accomplir sa volonté ; vous voici, vous aussi, pour poursuivre ce projet salutaire de Dieu. Pas de place pour le désespoir malgré les propres péchés, malgré les propres égarements. Notre Berger est venu de loin pour nous nous trouver dans la joie. Mais aussi, d’autre côté, où en sommes-nous de la correction fraternelle ? Ou, peut-être, où en sommes-nous, de la critique, de la médisance, de la diffamation ou de la calomnie ? Célébrer la naissance de ce Berger ne peut pas aller avec la tuerie des brebis sœurs du troupeau, même si ce n’est qu’une tuerie verbale.

Passage au rite
Mt ne parle pas de fête avec les amis et les voisins. Cela n’empêche la joie des retrouvailles de ce qui était perdu. L’eucharistie est toujours ce repas festif des retrouvailles du Christ avec tous et chacun de nous… Sommes-nous préoccupés par le manque de quelqu’un de nos frères ?

Pour le notre Père
Jésus est l’icône du Père. Voir agir Jésus, entendre parler Jésus, c’est voir agir et entendre parler le Père. Il est aussi le plus grand Berger. Adressons-lui la prière que lui-même nous a donnée à travers Jésus.   retour


MERCREDI DEUXIÈME SEMAINE

Is 40,25-31
Réponse du Psaume : Mon âme bénis le Seigneur, proclame les louanges de son nom très saint !
Mt 11,28-30

Introduction
Lorsque Jésus disait « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau », c’était a des « fatigués » très particuliers ; pas simplement des malades, ou des chômeurs, ou des pauvres économiques… Serons-nous de ceux à qui Jésus est venu consoler (Livre de la Consolation) ? En tout cas demandons-lui pardon car trop souvent nos maux sont le fruit direct de nos péchés.

Pour l’homélie
Le thème proposé par Is 40,25-30.- Paroles adressées par le Deuxième Isaïe à des exilés en Babylone en danger de croire Mardouk supérieur à Yahvé. Et, par la suite, dans leur yahvisme, se croire affaiblis et désespérés. Ce sont des encouragements pour leur foi avec des images presque tirées de l’athlétisme.
 

L’accomplissement du thème à l’évangile.- « Les fatigués sous les poids du fardeau » à qui Jésus s’adresse sont les gens du petit peuple juif : que ce soit des personnes à des métiers considérés méprisables (collecteurs d’impôts, des bergers, des tanneurs, des éboueurs, des prostituées, etc.) ; que ce soit des personnes normales mais qui ignorent les subtilités de l’interprétation pharisienne de la Loi et par conséquent condamnés d’avance. Des personnes considérées par ces dirigeants religieux comme de marginaux… presque désespérés. Voilà le fardeau qui alourdissait leurs épaules.
Jésus leur propose de venir à lui, de devenir ses disciples, de prendre son joug… sa « moral ». Dommage que le découpage liturgique ait sauté les vv. 11,25-27 où Jésus révèle que la Paternité de Dieu est ce qui fonde la « moral » qu’il propose. Moral d’amour non moins exigeant que le moral pharisien, mais toujours en rapport avec quelqu’un qui, en dessus de tout, nous aime. C’est en ce sens que « son joug est léger »… pas du tout parce qu’il soit moins exigeant.
Le « repos » que Jésus promet, ce n’est pas une sorte d’analgésique quelconque : c’est l’assurance que, quoi qu’il puisse nous arriver, ce n’est pas « châtiment de Dieu » ; ce n’est jamais « oubli de Dieu », « mépris de Dieu ». Son amour paternel est toujours avec nous pour que nous ayons l’assurance de ne pas être jamais abandonnés… comme lui-même (malgré le psaume) n’a pas été jamais abandonné par le Père, ni sur la Croix. « Doux et humble de cœur » par rapport à la froideur et la distance que les docteurs de la loi juifs gardaient à l’égard des gens qu’ils n’approchaient jamais…

Passage au rite
Dans le sacrement, mais réellement et avec engagement sérieux dans la vie de tous les jours, nous prenons sur nous « le joug de Jésus » : nous prenons sa croix… pour traverser avec elle la mort et passer « de l’autre côté ». Il nous avait déjà prévenus, depuis la première annonce de la Passion. Il avait dit : Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive ». Suivons-le sérieusement dans la célébration de sa Pâque.

Pour le Notre Père
La volonté du Père a été la nourriture de Jésus toute sa vie, jusqu’à la croix, jusqu’à la résurrection. « Donne-nous aujourd’hui notre pain… » Donne-nous d’accomplir ce que tu attends de nous comme Jésus l’a fait. (Da quod iubes et iube quod vis. Saint Augustin)
es critères suivis dans le choix des lectures pour la Liturgie de la Parole      retour