AVENT LTROISIÈME ÉTAPE: 17 - 24 décembre

 

17 décembre
18 décembre
19 décembre
20 décembre
21 décembre
22 décembre
23 décembre
24 décembre

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Luc 1,41 - Lorsque Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant bondit dans son sein et Elisabeth fut remplie du Saint Esprit.
42 Elle poussa un grand cri et dit: «Tu es bénie plus que toutes les femmes, béni aussi est le fruit de ton sein!
43 Comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur?
44 Car lorsque ta salutation a retenti à mes oreilles, voici que l'enfant a bondi d'allégresse en mon sein.
45 Bienheureuse celle qui a cru: ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira!»

 

 

 

                                                                                        INTRODUCTION À LA TROISIÈME ÉTAPE
                                                                                                      
(Jours précédant Noël)


Les passages évangéliques recueillent les annonces de Noël qu’on trouve dans les « évangiles de l’enfance », c’est-à-dire Mt 1-2 et Lc 1-2.

Les premières lectures, empruntées à divers livres bibliques donnent des passages de l’Ancien Testament préfigurant ces annonces. (Missel de l’Assemblée pour la semaine, Brepols, 1981, p.34)

Dans les récits sur l’enfance de Jésus, Mt et Lc n’utilisent pas les mêmes sources [que pour le reste de leurs ouvrages], de sorte que les faits dont ils parlent sont presque tous différents et que leur succession chronologique et difficile à établir. Aussi, l’accord profond des deux évangiles sur les vérités doctrinales que leurs récits sont destinés à mettre en lumière, n’est-il que plus remarquable. En effet, si Matthieu et Luc ont parlé de la vie cachée de Jésus, alors que le récit de Marc n’en parle pas et commence avec la vie publique du Christ, leur intention n’est pas d’apporter un complément à la biographie de Jésus ; leur intention est d’écrire un prologue théologique à leur évangile.
 

Matthieu veut montrer que Jésus accomplit l’Écriture ; il veut aussi mettre en relief le fait que, dès sa venue, Jésus est rejeté par Israël et reconnu par les païens. Luc veut rassembler, dans son récit de l’enfance, tous les titres qui définissent la mission et la personne de Jésus et qui montrent comment il est le sauveur universel. Il faut donc dépasser le contenu anecdotique de ces écrits pour contempler le mystère qui s’y révèle. (C’est moi qui souligne). (Missel de l’Assemblée, p. 509).

Il me semble intéressant de noter les sept antiennes du Magnificat, prévues pour ces féries privilégiées, que le bréviaire de Pie X qualifiait d’Antiphonæ Majores ad Magnificat. Elles sont aussi chantées dans la traduction française de l’actuelle Liturgie des Heures. Elles sont aussi reprises, en paraphrase, comme verset de l’Alléluia qui précède la proclamation de l’évangile quotidien. Ces antiennes sont d’une beauté et d’une profondeur théologique qui n’a pas besoin d’être appuyée. La version latine, avec la mélodie grégorienne qui les accompagnait, ne faisait que rehausser leur beauté et leur vérité.

Curiosité. La version latine de ces antiennes permettait un acrostiche avec les premières lettres de chacune des antiennes – O Sapientia ; O Adonaï ; O radix Jesse ; O clavis David ; O Oriens ; O Rex géntium ; O Emmanuel – mais en les lisant « à rebours » : E – R – O – C – R – A – S = Ero cras = Je serai [là] demain… un « demain un peu élastique » car la dernière antienne (qui devient première lettre dabs l’acrostiche) n’est chantée que le 23… Ce « demain » – le 24 – pourrait être les Premières Vêpres de Noël ?


17 DÉCEMBRE
Gn 49,2.8-10
Réponse du psaume : Voici venir un jour sans fin, jour de justice et de paix (Mis. noté, 42/A)
Mt 1,1-17

Introduction
Célébrer l’Eucharistie est toujours – et j’allais dire seulement – rendre présent les Mystère Pascal du Christ. Ces jours-ci, qui précèdent Noël, la Liturgie de la Parole – qui doit toujours « faire un » avec la Liturgie de l’Eucharistie – risque de nous polariser sur le Mystère de l’Incarnation. Il faudrait donc essayer de contempler ces textes de façon à y découvrir le mystère de la personne dont nous allons rendre présent la Mort et la Résurrection.

Pour l’homélie
Recherche du thème dans Mt 1,1-17.- v. 1 : Livre de la genèse de Jésus Christ. En calquant ce titre sur celui qui commence le récit de la descendance du premier homme (Gn 5,1 : Hic est liber generationis Adam…), Mt suggère que Jésus, en ouvrant une nouvelle genèse, prend la place d’Adam. Cependant l’histoire ici rapportée n’est pas celle de sa descendance, mais de son ascendance : en Jésus, l’histoire passée d’Israël trouve son sens.
v. 2.- Pour présenter l’origine de l’homme qu’il sait ressuscité et présent dans son Église, Mt utilise d’abord le genre littéraire biblique des généalogies : Jésus s’enracine dans le peuple élu. En mentionnant les noms de quatre femmes, Thamar, Rahab, Ruth, la femme d’Urie, Mt met en relief la présence de trois étrangères (leçon d’universalisme) et les conditions irrégulières dans lesquelles elles ont enfanté (leçon de grâce).
v. 17.- Le nombre de générations.- Plusieurs explications sont proposées de ce chiffre quatorze repris trois fois. 1) il serait la somme de la valeur numérique des trois consonnes qui forment en hébreu le nom de David (D = 4 ; V = 6 ; d’où 4 + 6 + 4 = 14). 2) Selon les computs apocalyptiques de cette époque, Jésus vient au terme de la sixième semaine (d’où 3 fois 14 = 6 fois 7, six semaines) de l’histoire sainte qui commence avec Abraham ; c’est-à-dire Jésus vient à la plénitude des temps. Mais cette explication repose artificiellement sur le chiffre 7, qui n’est pas mentionné par Mt.
On pourrait dire que Mt exprime : la vérité de l’humanité de Jésus, cette vérité qui le met en profonde communion avec nous tous, tel que Paul le dira dans le cantique de Ph 2,7 : Mais il s'est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes, et, reconnu à son aspect comme un homme, ce qui nous place au cœur de Mystère Pascal du Christ. L’autre aspect du mystère de la personne de Jésus sera exprimé dans le passage de demain.

Recherche du thème dans Gn 49,2.8-10.- La raison du choix de ces versets de la bénédiction que Jacob, mourant en Égypte, donne à ses fils propose le thème : la primauté accordée à Juda, comme héritier des promesses dont David et sa descendance sont, non seulement pour le bénéficier, mais surtout aura la mission de les accomplir. En fait, cette péricope de Gn ne fait que confirmer le v. 2b, de la généalogie proposée par Mt (Jacob engendra Juda et ses frères).
Jésus de Nazareth doit être confessé vraiment homme d’Israël, vraiment juif, totalement enraciné dans son peuple : son histoire, sa langue, sa culture. Impossible à ignorer si nous voulons comprendre les gestes et les paroles de Jésus… même si elles pourront être, par la suite, comprises en ayant une portée universelle.

Passage au rite
Jésus n’est pas venu pour se faire tuer. Jésus « n’a fait que se montrer fidèle » sans garanties préalables, rien que par sa foi enraciné dans la connaissance de la fidélité du Père, apprise dans les Écritures. C’est cette fidélité d’homme que nous rendons présente sur l’autel. Puisse le Christ nous la faire partager.

Pour le notre Père
Parmi les trois fois 14 générations, assez peu d’entre eux ont vraiment accompli la Volonté de Dieu. Puissions-nous la mettre vraiment en pratique, comme le Christ, le demande : « Que ta volonté... »
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18 DÉCEMBRE
Jr 23,5-8
Réponse du Psaume : Voici venir un jour sans fin, jour de justice et de paix (Mis. noté, 42/A)
Mt 1,18-24

Introduction
Chaque jour, plus proches de Noël. La prière d’ouverture nous invite à profiter de la solennité pour nous libérer de la soumission au péché. Que l’ambiance de fête ne nous aveugle à l’égard de notre réalité pécheresse. Si fête il doit-il y avoir, qu’elle soit l’expression de notre vraie libération.

Pour l’homélie
Recherche du thème dans Jr 23,5-8.- Au milieu d’une requête contre les pasteurs insouciants de son peuple, Jérémie insère cet oracle dans lequel il dit que : « Quand les pasteurs manquent à leurs devoirs, le Seigneur lui-même prend les choses en main ». Il le fera par le Davidien attendu (Ez 34,23 : Je susciterai à la tête de mon troupeau un berger unique ; lui le fera paître: ce sera mon serviteur David. Lui le fera paître, lui sera leur berger). Docile instrument du vrai roi d’Israël (Yahvé), celui-ci [le berger selon Dieu] assurera l’ordre social parfait, la justice même du Seigneur, se faisant, grâce à lui, toute proche des deux factions du peuple restaurées (Jr 31,27-28 : Des jours viennent - oracle du SEIGNEUR - où j'ensemencerai Israël et Juda de semences d'hommes et de semences de bêtes. Et ensuite je veillerai sur eux pour bâtir et pour planter, comme j'ai veillé sur eux pour déraciner et renverser, pour démolir et ruiner, pour faire mal - oracle du SEIGNEUR) et enfin réunies. En Jr 23,6 ce nom si évocateur du monarque promis (« Le Seigneur, c’est lui notre justice ») est donné à la nouvelle Jérusalem.
Jérémie fait voir le changement de situation lorsque Dieu règnera, par le changement de vocabulaire : on ne parle plus de la libération d’Égypte, mais de la libération d’Assyrie – Babylone.
Le thème serait donc la royauté justicière de Dieu en faveur de son peuple.

Recherche du thème en Mt 1,18-25.- Je ne remarque que quelque aspect plus ou moins en rapport avec le thème découvert dans la première lecture. En rapport avec l’évangile d’hier, celui d’aujourd’hui en est le complément nécessaire pour qu’apparaisse le deuxième aspect du mystère (de la réalité) de Jésus : son origine divine… appuyé avec la « non-intervention » de Joseph dans l’engendrement de Jésus. L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint.
Par la référence à l’oracle d’Isaïe 7, ce fils de Marie qui accomplit l’oracle de l’Emmanuel, doit être le roi légitime et en parfait accord avec la volonté de Dieu pour conduire la paix et la justice dans ce nouveau peuple dont il sera le roi. Achaz, sans descendance, saura que « Dieu est avec lui » (Emmanuel) par le fils qui va lui naître de la jeune femme, son épouse. Celui-ci sera le roi Ezéchias (seul avec Josias, David et Salomon à ne pas être disqualifié par sa façon de régner). Le fils de Marie, lui aussi sera la preuve que « Dieu est avec nous » avec de bien plus fortes raisons.

Le roi – Emmanuel – dont nous allons célébrer la naissance est le meilleur qui puisse exister. Quelle allégeance lui prêtons-nous ? Quelle sorte de sujets sommes-nous par rapport à la bonté et la justice de notre roi ?
Encore une fois, célébrer Noël n’aura de sens que dans la mesure où nous soyons fidèles à la suite de Jésus Christ.

Passage au rite
L’action du Saint Esprit dans l’accomplissement du Mystère de l’Incarnation est de la même grandeur que son action dans la célébration eucharistique : Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur (PE II). Gardons-nous dans la contemplation.

Pour le Notre Père
Probablement Joseph ignorait les mots du Notre Père. De toute façon il les a parfaitement accomplis : Il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait dit… ce que Dieu attendait de lui, la volonté de Dieu.
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19 DÉCEMBRE
Jg 13,2-7.24-25a
Réponse du Psaume : Sans fin, je proclamerai ta justice et ton salut ! (Mis. noté 42/A)
Lc 1,5-25

Introduction
La prière d’ouverture oriente l’esprit dans lequel nous sommes entrés dans la célébration… et dans la vie quotidienne par la suite : avec une foi sans défaut et dans l’obéissance du cœur. Nous nous approchons de la révélation des conceptions et des naissances merveilleuses. L’action de Dieu nous demande la foi et notre collaboration avec Lui, l’obéissance du cœur. Reconnaissons nos manques et demandons pardon.

Pour l’homélie
Les récits de l’annonciation de la naissance de Samson et de Jean fis de Zacharie sont pleins « de parallèles », mais aussi de différences. Quelque remarque de détail avant d’entrer dans cette comparaison.
Dans Juges.- Dans la geste de Samson (Jg ch. 13-16) la force de cet homme fait contraste avec sa faiblesse à l’égard des femmes. Tous les récits sont de belles histoires populaires où ne manquent ni l’ironie ni la satire à l’égard de l’ennemi philistin. L’aspect religieux est aussi bien marqué, car la force de Samson lui vient de Dieu ; et déjà sa naissance est un véritable don de Dieu.
v. 5.- Le rasoir ne passera pas sur sa tête. Cette prescription s’applique au nazir, c’est-à-dire à celui qui est consacré à Dieu. Ici l’interdiction faite au nazir de boire des boissons fermentées est reportée sur la mère, sans doute pour marquer que l’enfant est consacré dès le sein maternel.
v. 5.- Nair de Dieu. Cette consécration de Samson est liée à une mission, celle de repousser les Philistins, mais les récits vont montrer qu’il s’agit plus de coups de main réalisés par un homme fort et astucieux, que de une véritable délivrance du joug philistin en faveur d’une tribu. Au sens strict, Samson n’est ni un juge, ni même un libérateur.
v. 24.- Le nomma Samson. Samson est un nom propre dérivé d’un terme hébreu qui signifie soleil. La ville de Beth-Shèmesh, maison du soleil, n’est pas loin de Çoréa (la patrie de Samson) et on peu penser que le nom de Samson était répandu dans la région. (Toutes les notes sont de TOB/AT).

Dans Lc.- Je laisse tomber l’explication du système par lequel les « petits prêtres », tel que Zacharie, exerçaient le culte dans le Temple. Je copie la note de TOB/NT sur ta prière a été exaucée (v.13) : Malgré la suite du verset, ce n’est pas un fils que Zacharie demandait dans sa prière (voir son incrédulité dans les vv. 18-20) ; cette prière que le prêtre présentait au nom de du peuple devait porter plutôt sur le salut messianique.

 

 

Samson

 

Jean Baptiste

Parents

Manoa.

Zacharie. Prêtre.

 

Mère anonyme ; stérile.

Elisabeth stérile.

Justes car l’Ange du Seigneur les respecte : ils ne meurent pas à la théophanie.

Tous les deux vivent comme des justes ; irréprochables ; sans enfants ; car vieux.

L’Apparition

À la femme d’abord (3-5).

À la femme à nouveau, qui convoque son mari. (8-28)

À Zacharie, à l’heure de l’offrande de l’encens, le soir (15h).

Qui se fait voir

L’Ange du Seigneur

L’Ange du Seigneur – Gabriel.

Réaction

Manoa : prier pour demander confirmation du message de sa femme.
Accordée.

Incrédulité : Zacharie demande « comment savoir » ce qui vient de lui être dit.

Zacharie puni : surdité ; mutisme.

L’enfant

Samson ~ soleil

Jean : Le Seigneur fait grâce

Qualité

de l’enfant

Nazir dès le ventre de sa mère. C’est elle qui doit s’abstenir désormais de boisson fermentée. L’enfant sans raser.

Cause de joie pour Zacharie, pour beaucoup. Abstention de boissons fermentées. Rempli de l’Esprit Saint dès le ventre de sa mère. Grand devant le Seigneur.

Tâche à

accomplir

Samson entreprendra de sauver Israël des Philistins.

Jean fera revenir de nombreux fils d’Israël au Seigneur leur Dieu ; il marchera devant le Seigneur, avec l’Esprit et la puissance du prophète Élie : pour faire revenir les cœurs des pères vers leurs enfants, convertir les rebelles à la sagesse des hommes droits, et préparer au Seigneur un peuple capable de l’accueillir.


Passage au rite
Zacharie doute de ce qui lui a été dit ; c’était trop extraordinaire pour sa tête. Allons-nous douter de ce que Jésus nous dit concernant le pain et le vin, concernant sa propre personne (le corps) et sa propre vie (le vin) offerte pour la multitude ?

Pour le Notre Père
Jean devait convertir les rebelles à la sagesse des hommes droits. La vraie sagesse des hommes droits est celle qui se dégage du contenu du Notre Père. Disons-le, intériorisons-le, comme il nous a été enseigné.
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20 DÉCEMBRE
Is 7,10-16
Réponse du Psaume : Vienne le Seigneur, le roi de gloire. Vienne, le Messie, le fils de Dieu (EqC 26)
Lc 1,26-38 [Qu’il vienne le Seigneur, c’est lui le roi de gloire (Mis. noté 14/C)

Introduction
Nous approchons de la date de la naissance de Jésus. Néanmoins l’évangile nous place au moment de la conception : Le Verbe reçu d’abord, dans le cœur, après, dans le sein de Marie. Pourquoi ne devrions-nous pas l’accueillir pareillement dans notre cœur et aussi dans le sein de nos familles, de nos communautés… de nos existences. Qu’il nous habite, non seulement pour neuf mois, mais pour toujours !

Pour l’homélie
Note de la TOB/AT sur « la jeune femme » d’Is 7,14.- (Voir aussi les notes du 18 décembre sur l’évangile de Mt). Le signe que donne le Seigneur lui-même est donc la naissance d’un garçon. La jeune femme dont il s’agit ici est probablement la jeune femme par excellence, c’est-à-dire, l’épouse royale, qui est désignée de même dans certains textes plus anciens d’Ougarit. Cette explication paraît en tous cas préférable à celles qui voient ici n’importe quelle femme alors enceinte du royaume de Juda ou encore l’épouse d’Isaïe lui-même. L’oracle s’adresse, en effet, à la maison de David, dans une situation où la dynastie elle-même est en cause : il est donc normal que la naissance annoncée soit celle de l’héritier dynastique. – La traduction grecque a traduit jeune femme par vierge. Dès le IIe s. avant J. C. (époque de la traduction grecque) et peut-être déjà avant, une partie de la tradition juive a donc vu dans cette naissance exceptionnelle, encore attendue, la naissance virginale du messie. A la suite de Mt 1,23 (18 décembre) la tradition chrétienne ancienne a appliqué cet oracle à Marie, mère de Jésus, qui est l’héritier par excellence de la dynastie

Notes concernant l’évangile.- Extraits du chapitre « La mère de Jésus », dans Études sur l’œuvre de Luc, du P. Augustin George, Mariste, Gabalda, Paris, 1978, pp.429-464. J’aimerai bien copier toute la section « Marie à l’Annonciation ». Ni l’espace ni l’objectif ne le permettent. Quelques notes seulement.
La situation initiale (vv. 26-27).- Pour annoncer Jésus, Gabriel s’adresse à Marie (et non à Joseph, ce qui constitue un premier indice de la conception virginale). Il n’apparaît pas dans le cadre solennel du Temple mais dans l’obscurité et le secret de la maison de Nazareth. Sur Marie le premier mot qui est prononcé est celui de « vierge » aussitôt suivi de « mariée ». C’est dire qu’il s’agit d’un mariage réel, mais non consommé. Un autre trait typiquement juif : Luc dit l’origine de Joseph « de la maison de David », non celle de Marie. Jésus ne peut être fils de David que par Joseph.
v. 34. Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais point d’homme ?- Marie répond par cette question à la première partie de la description de celui qui sera son fils. Question facile à traduire, délicate à interpréter. Marie demande une explication. Elle trouve une difficulté à la maternité qui lui est annoncée : elle ne « connaît » point d’homme, c’est-à-dire, suivant le langage de l’A. T., qu’elle n’a pas de relations conjugales. C’est pour elle un fait, un état présent. Elle ne voit pas comment l’accorder avec la maternité que l’ange lui annonce. Mais cette question soulève un problème : si Marie est maintenant mariée à un « fils de la maison de David », a-t-elle besoin de demander « comment » se réalisera l’annonce de Gabriel ? Elle n’a qu’à attendre la consommation de son mariage avec Joseph, qui est déjà conclu. À cette difficulté on a proposé diverses solutions : des retouches du texte, traduction interprétative, souvent aujourd’hui l’attribution à la question de Marie une fonction purement littéraire : elle n’aurait pas de sens en soi, mais servirait seulement de transition pour introduire la révélation qui suit… La solution qui nous semble le plus fidèle au texte, et qui a tout de même le mérite d’accepter qu’il ait un sens, est celle qu’on a souvent attribué à Cajetan (Dominicain, 1469-1534) et qui a été reprise par plusieurs : Maria comprend que l’annonce de l’ange va s’accomplir à l’instant, et surtout comme cela va se passer à la fin de la scène présente. Comment réconcilier cette maternité immédiate avec sa situation présente d’épouse encore vierge ? Peut-on donner un autre sens au motif qu’elle fait valoir : « Puisque (présentement) je suis vierge » ?


Le parallèle de l’Annonciation avec l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste apporte un peu de lumière supplémentaire au problème de ce v. 34. Comme Marie, Zacharie a répondu à l’annonce de la naissance de son fils par une question, mais celui-ci demandait un signe. L’ange lui a reproché cette question comme une marque d’incrédulité et lui a annoncé un châtiment, qui serait tout de même un signe. La question de Marie, par contre, va obtenir une réponse qui sera une révélation supplémentaire, et de plus un signe qu’elle n’avait pas demandé (vv. 35-37 : L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu. Et voici que Elisabeth, ta parente, est elle aussi enceinte d'un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile, car rien n'est impossible à Dieu. ». Enfin le parallèle entre Lc 1,20b (Parce que tu n'as pas cru à mes paroles qui s'accompliront en leur temps) et Lc 1,45 (Bienheureuse celle qui a cru: ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira!) fait ressortir la foi de Marie. Sa question est donc présentée comme celle d’une foi authentique, une foi qui cherche à comprendre pour mieux répondre à l’appel de Dieu.


L’image de Marie dans le récit de l’Annonciation.- (Extraits) C’est proprement la tâche que Dieu lui propose, et la manière dont elle l’assume, qui manifestent qui elle est devant Dieu et devant les hommes : Dieu lui propose d’être la mère du Messie, qui lui sera finalement révélé comme son propre Fils. De son acceptation dépend le salut du peuple de Dieu. Elle accepte et engage par là le destin de toute l’humanité, qu’elle représente ainsi réellement devant Dieu. Ce rôle décisif au centre de l’histoire du salut, Luc montre qu’elle l’assume concrètement, en vraie femme : réfléchissant sur la faveur divine soudain révélée, qui la bouleverse, questionnant pour voir clair sur sa tâche, acceptant simplement enfin, sans protestation d’indignité, ni exaltation lyrique. Sage et forte, elle se voit à sa place dans le Dessin de Dieu. Cette intelligence, cet engagement courageux malgré les difficultés, Luc en fait la foi par excellence (Lc 1,45)

Passage au rite
L’Esprit Saint a fait que le Verbe existe dans le sein de Marie en vrai homme. L’Esprit aussi agit en nous dans le mystère eucharistique. Que tout se passe pour nous selon la parole du Christ rendue présentement réelle dans notre célébration.

Pour le Notre Père
Marie ne savait pas, à l’Annonciation le Notre Père. Cependant elle l’a accompli : Que ta volonté soit faite…
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21 DÉCEMBRE
Ct 2,8-14
Réponse du Psaume : Criez de joie pour Dieu, pour Dieu notre force (Mis. noté 45/1)
Lc 1,39-45

Introduction
Aussi bien dans la lecture de Cantiques que dans l’évangile il est question de d’aller vers la montagne avec joie. Venir pour célébrer l’Eucharistie est aussi monter vers la montagne de Pâques (même en Avent !!!). Puissions, nous aussi, y aller avec empressement et joie.

Pour l’homélie

Le texte de Cantique.- On peut bien penser que le choix a été fait en pensant que « le bien-aimé » du texte est censé être le Verbe de Dieu qui vient rencontrer l’humanité bien aimée, enfermée dans la maison ; prisonnière de toute sorte de manque. C’est une manière possible de comprendre l’Avent.
Mais, à mon avis, impossible de trouver quelque parallélisme avec l’évangile. Marie avec Jésus accourt vers la montagne de Judée à la rencontre d’Élisabeth avec Jean dans son sein. Un homme va à la rencontre d’une femme en Cant ; deux femmes enceintes (donc aussi deux enfants) se rencontrent. Pas de parallèle possible.

Luc 1,39-45.- J’imagine que les organisateurs du lectionnaire ont été obligés, pour remplir les jours de cette semaine, de séparer le Cantique de Marie (proclamé demain) de la scène qui l’encadre.
La rencontre des deux mères est en fait celle des deux enfants dont elles servent la mission. Jean le Baptiste reçoit l’Esprit dès le sein de sa mère, comme il a été annoncé en 1,15 (Car il sera grand devant le Seigneur; il ne boira ni vin ni boisson fermentée et il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère) ; il inaugure sa mission en désignant le Messie par la bouche de sa Mère (v. 43 : Comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ?). (TOB/NT)
v. 45. Heureuse celle qui a cru…- En contraste avec Zacharie (1,20 : Eh bien, tu vas être réduit au silence et tu ne pourras plus parler jusqu'au jour où cela se réalisera, parce que tu n'as pas cru à mes paroles qui s'accompliront en leur temps), Marie est la croyante.
[Augustin George, op. cit. 441-445] Compte tenu de la péricope entière (1,39-56), Marie apparaît ici au premier plan dans ce récit ouvert par son départ et conclu par son retour. Marie est toute au service de son fils, qu’elle porte à Jean-Baptiste pour le sanctifier et qu’elle peut chanter maintenant qu’elle n’est plus la seule à connaître le mystère.

La rencontre avec Élisabeth.- Toute la scène est fondée sur la présence de Jésus en Marie. Si Marie « part en toute hâte » aux premiers mots du récit, c’est apparemment pour se prêter docilement à l’œuvre de Jésus, dont la présence va permettre au précurseur d’inaugurer sa mission.
À son arrivée, Jean Baptiste tressaille au sein de sa mère. Élisabeth, inspirée, interprète ce signe et prête sa voix à son fils prophète : elle bénit Marie et son fils qu’elle proclame son « Seigneur », le Roi-Messie. Elle félicite Marie pour sa foi. Ainsi cette scène constitue un commentaire et une conclusion de celle de l’Annonciation.

L’image de Marie dans le récit de la Visitation.- Marie tient grande place dans cet épisode : le seul du NT qui lui donne la parole dix versets de suite (Magnificat). Tout le récit caractérise Marie montrant comment elle s’acquitte de sa tâche : sa hâte docile pour porter Jésus à son précurseur, sa foi proclamée par Élisabeth sous l’action de l’Esprit, surtout son action de grâces, où elle dépasse très vite son cas personnel pour chanter le salut des pauvres, salut d’Israël. Comme pour accueillir Jésus à l’Annonciation, elle est encore ici la voix du peuple de Dieu tout entier, pour l’action de grâces louange et la louange émerveillées.

Passage au rite

Tout ce qui peut se dire de Marie, peut aussi se dire de l’Église. Elle –nous!– porte Jésus dans notre sein pour l’offrir au monde. Si jamais nous l’avions endormi, que la célébration eucharistique le rende de plus en plus vivant.

Pour le Notre Père

Puissions nous aussi croire aux paroles qui nous ont été dites non « de la part de Dieu », mais par Dieu lui-même en Jésus Christ. Osons donc dire :   retour
 


22 DÉCEMBRE
1 S 1,24 – 2,1a
Réponse du Psaume : Mon cœur bondit de joie pour le Seigneur (Chanter l’office, 448)
Lc 1,46-56

Introduction
Aussi bien Anne d’Elcana, que Marie de Nazareth, reconnaissent la faveur de Dieu. Pour elles était simplement évidente. Dans la foi, il faudrait que nous aussi nous soyons capables de glorifier Dieu pour toutes les faveurs dont il nous a comblés ; et que notre eucharistie quotidienne soit notre action de grâces continuelle. Le Seigneur attend nos actions de grâces… comme dans le cas de dix lépreux   guéris ; un sel sauvé, car un seul reconnaissant.

Pour l’homélie
La recherche du thème dans 1 S 1,24 – 2,1.- Cette fois-ci le cantique d’Anne fait un avec la lecture qui précède, même si dans le psaume liturgique il y manque quelques versets du cantique biblique.
D’après Maertens-Frisque (Guide, I, p. 209) la description de la cérémonie de la lecture est surtout faite pour amener l’introduction du « cantique » d’Anne. D’après ces auteurs, il s’agit d’un psaume inspiré des sources sapientielles, paupéristes et messianiques. Un rédacteur ultérieur a placé ce psaume sur les lèvres d’Anne, sans doute parce qu’il y était question de guérison d’une stérilité.
La TOB/AT (note à 1 S 2,1 p). Cet hymne de louange qui a inspiré le cantique de Marie, célèbre d’abord le renversement des conditions dont Anna, la stérile, a bénéficié (vv. 3-8). Samuel, puis David, en bénéficieront à leur tour. La fin de l’hymne (vv. 9-10, qui ne sont pas pris dans le texte liturgique) est apparentée aux psaumes royaux.

La recherche du thème dans Lc 1,46-56.- (D’après Augustin George, op. cit. pp.442-446). Le chant de Marie est la partie la plus importante de la Visitation. Il n’est pas une réponse à Élisabeth, mais la réaction de Marie à l’avènement du Messie en elle, la conclusion lyrique des deux annonciations qui ouvrent les récits de l’enfance (1,5-25 ; 26-38).


On peut considérer le Magnificat comme une action de grâces pour le salut eschatologique inauguré dans la conception de Jésus. Ce salut anticipe et garantit le salut à venir des pauvres d’Israël.
*) La première partie du chant de Marie (46-50) est un chant individuel d’action de grâces de type classique, avec son exclamation initiale de joie et sa motivation redoublée (48//49). Le regard divin tombé sur elle lui vaudra d’âge en âge des félicitations semblables à celles d’Élisabeth. C’est l’œuvre de l’initiative mystérieuse du Seigneur.
**) La seconde partie commence par proclamer le salut accordé aux humbles et aux pauvres (vv. 51-53) : un thème particulièrement cher à Luc qui est seul à présenter le même renversement eschatologique des situations de ce moment en Béatitudes, en le pauvre Lazare et le riche qui l’ignorait. À ce point initial de l’évangile, les pauvres ne sont pas encore comblés, Luc le sait : il va montrer dans la naissance de Jésus la misère, l’obscurité du Messie, mais aussi le chant des anges et la gloire du Seigneur. Les vv. 51-53 du Magnificat préludent les Béatitudes ; ils annoncent la Bonne Nouvelle pour les pauvres (4,18).


À la source de la faveur qui lui a été faite, Marie voyait la sainteté et la grâce de Dieu. Elle les voit aussi à l’œuvre dans le salut d’Israël. Mais quand elle pense au peuple élu, elle insiste plutôt sur la fidélité de Dieu à sa promesse, et finalement à Lui-même (vv. 54-55).
L’incarnation n’est que le moment initial du salut qui aboutira à la Parousie. L’incarnation, avec la collaboration de Marie, est le « déjà-là»… qui reconnaît aussi le « pas encore ».

Passage au rite
Comme hier : ce que dit Marie, doit le dire aussi l’Église, donc nous aussi, car Église. Le mystère eucharistique est, dans une certaine mesure, l’incarnation prolongée. Source d’action de grâces.

Pour le Notre Père
« Magnificat » rend grâce… « Notre Père » demande. Nous devons demander et remercier. Disons.
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23 DÉCEMBRE
Ml 3,1-4.23-24
Réponse du Psaume : Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme ; vers toi, mon Dieu (EqC 9)
Lc 1,57-66

Introduction
La liturgie de chaque jour nous fait suivre de près les événements qui ont précédé la naissance historique de Jésus. La liturgie nous invite à un certain anachronisme pour nous faire sentir contemporains de ces événements. Entrons dans le jeu et laissons-nous purifier pour bien recevoir Celui qui doit venir.

Pour l’homélie
La recherche du thème dans Ml 3,1-4.23-24.- Le texte proclamé nous donne les premiers et les derniers versets du dernier chapitre du prophète ; qui est, en même temps, le dernier Livre du Premier (Ancien) Testament. Le thème général est la purification du sacerdoce et du peuple au jour du jugement.
v. 1.- Le terme traduit par subitement (TOB), soudain (Lectionnaire) signifie en même temps la proximité et la soudaineté.
Mon messager, l’Ange de l’alliance. Par respect pour Dieu (« garder les distances ») on le fait souvent agir par un intermédiaire. Son action directe, et celle de son intermédiaire, sont exprimées souvent dans un seul et même texte.
v. Selon la justice c’est-à-dire à la fois selon les rites prescrits et avec les dispositions morales correspondant à un culte authentique.
v. 23. Je vais vous envoyer Élie.- Dans la littérature juive aux abords du N. T., le personnage d’Élie occupe une grande place comme précurseur du Messie. Jésus atteste que ce rôle a été rempli par Jean Baptiste (Mt 17,9-13 : la question des disciples sur Élie en descendant la montage de la Transfiguration). L’apparition d’Élie aux côtés du Messie transfiguré souligne son importance.
v. 24. Ramènera les cœurs des pères…- Il favorisera la conversion des cœurs pour préparer l’arrivée du Royaume.

La recherche du thème dans Lc 1,57-66.- Le récit de l’annonciation de la naissance de Jean (Voir les textes du 19 décembre) a dégagé l’essentiel de la physionomie du Précurseur. Les circonstances de sa naissance n’apportent guère d’éléments nouveaux : ni la naissance, ni la circoncision ne sont décrites pour elles-mêmes ; elles servent surtout de cadre à l’imposition du nom annoncé déjà par l’ange au verset 1,13.
Si bien que, pour voir comment Jean accomplit la prophétie de Malachie, il faudrait s’adresser plutôt au récit de son annonciation qu’à celui-ci de sa naissance. Ce récit est centré sur la révélation merveilleuse du nom de Jean (Le Seigneur fait grâce, v. 13). Il s’attache donc moins à la naissance de l’enfant qu’à sa circoncision. L’événement qui se passe dans la joie d’une vaste réunion a une large publicité.
v. 59. On voulait l’appeler comme son père.- On donne rarement à un enfant le nom de son père, plus souvent le nom de son grand-père. Ce trait pourrait suggérer le grand âge de Zacharie.
vv. 62-63.- Ces versets indiquent qu’elle n’a pas appris ce nom de son mari. Son accord avec lui sur ce nom apparaît comme inspiré. C’est un signe. S’il faut faire des signes à Zacharie pour lui dire quelque chose, cela signifie qu’en plus d’avoir perdu la parole, il a aussi perdu l’ouïe.
v. 63.- Zacharie obéit l’ordre de l’ange et manifeste ainsi sa foi. L’accord inattendu de Zacharie et d’Élisabeth sur le nom inaccoutumé de l’enfant est perçu comme une intervention de Dieu ; l’étonnement est la réaction habituelle devant les miracles et les autres manifestations divines.
La question "Qui sera donc cet enfant ?" peut être répondue par la première lecture.

Passage au rite
Le Seigneur de l’Alliance, précédé par le Précurseur, est déjà venu : le Christ. Il nous a purifiés par sa mort et sa résurrection afin que nous puissions rendre toujours présente son offrande accomplie une fois pour toutes.

Pour le Notre Père
Jean, fils de Zacharie ; nous autres, enfants de Dieu. C’est pourquoi nous osons dire : 
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24 DÉCEMBRE (matin seulement)
2 S 7,1-5.87b-12.14.16
Réponse du Psaume : Sans fin, Seigneur, je chanterai ton amour (EqC 28)
Lc 1,67-79

Introduction
Dieu a promis à David et à « son successeur », par la parole de Nathan, une maison et une royauté pour toujours. Demain ce sera la mémoire de la naissance de ce successeur, mais sa royauté et sa maison c’est nous. Préparons-nous en reconnaissant notre indignité.

Pour l’homélie
La recherche du thème dans 2 Samuel.- L’ensemble de 2 S 7,1-17 est bâti sur une double antithèse : 1° ce n’est pas David qui construira une Maison (le Temple) pour le Seigneur (vv. 5-7), mais le Seigneur qui fera une maison (une dynastie) à David (vv. 11b-12) ; 2° ce n’est pas David qui construira le Temple, mais son fils Salomon (v. 13). Placée à la jointure de l’ascension de David et de celle de sa succession, « la prophétie de Nathan » est le point culminant des livres de Samuel. En mettant en lumière l’élection de la dynastie de David, elle est l’une des sources de l’idée messianique. (TOB/AT)
D’autre part, on dirait que les vv. 12-14 (J'élèverai ta descendance après toi, celui qui sera issu de toi-même, et j'établirai fermement sa royauté et j'établirai à jamais son trône royal. Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils) ont inspiré les paroles de Gabriel à Marie lors de l’annonce de la naissance de Jésus : Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il régnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n'aura pas de fin (Lc 1,32-33).

La recherche du thème dans Lc 1,67-79.- Quelqu’un a dit que ce psaume placé dans la bouche de Zacharie était à l’origine un cantique pascal à l’intérieur duquel on a inséré les vv. 76-77 afin qu'apparaisse la mission de Jean.
Parmi tous les bienfaits dont il est question il faut inclure, il va de soi, tout ce qui a été raconté le long de ce chapitre premier de Luc que ce psaume clôture (exception faite du v. 80)
Tout ce qu’il fallait annoncer a été fait. Désormais, ce sera le temps de l’accomplissement. A nous de bien accueillir et profiter le Don de Dieu : son Fils Jésus.

Passage au rite
La maison bâtie pour David par Dieu lui-même est celle qui s’élève sur la pierre, rejetée par les bâtisseurs, devenue pierre d’angle. Nous rendons présent ce mystère de rejet (mort) et d’élection (résurrection). Entrons-y dans la foi.

Pour le Notre Père
Le Règne arrive. Puissions-nous l’accueillir en nous-mêmes, puissions-nous collaborer à ce que beaucoup puissent y entrer. 
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