Messes des jours en semaine T. O. :  VINGT ET UNIÈME SEMAINE


INDEX

LUNDI VINGT ET UNIÈME SEMAINE
MARDI VINGT ET UNIÈME SEMAINE
MERCREDI VINGT ET UNIÈME SEMAINE
JEUDI VINGT ET UNIÈME SEMAINE
VENDREDI VINGT ET UNIÈME SEMAINE
SAMEDI VINGT ET UNIÈME SEMAINE

Cliquez sur le jour souhaité
pour aller aux "Notes bibliques"

 

 

 

Mt 25,14: Un homme partit en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. A l'un lui donna cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités.

 

LUNDI VINGT ET UNIÈME SEMAINE
Mt 23,13-22

Introduction
            Le premier grand enseignement de Jésus sur la montagne commençait avec neuf fois le mot « Heureux ». Aujourd’hui nous entendrons trois fois « Malheureux ». Choisissons lequel des deux nous voulons pour nous. Si besoin, demandons pardon.

Pour l’homélie
            Les vv. 13-31 nous présentent sept « plaintes » contre les scribes et les pharisiens : trois aujourd’hui ; deux demain ; deux autres après demain.

            ♦ vv. 13-(14).- L’interjection ούαί (uai, malheureux) peut exprimer la douleur ou l’indignation ; parfois les deux sens se complètent dans la même expression (11,21 : Malheureuse es-tu, Chorazin! Malheureuse es-tu, Bethsaïda!). Ici le sens penche plutôt vers un fort accent de condamnation messianique. Désormais, dans le récit de Mt, Jésus n’exhorte plus ; il affronte et condamne des adversaires irréductibles.

            Leur hypocrisie est simple : disent et ne font pas ; enseignent et ne pratiquent pas. Ce sens convient parfaitement au propos général de Mt qui souligne constamment l’importance des œuvres.

            Dans le royaume des cieux, le contexte recommande d’y voir le sens eschatologique. Par leurs exigences intraitables les pharisiens découragent les hommes de s’engager dans la fidélité qui conduit au royaume et eux-mêmes n’y entrent pas.

            ♦ v. 15.- Vous parcourez la mer et le terre… Le sens général paraît être le suivant : le Christ matthéen reprocha aux pharisiens, dans leur prosélytisme acharné, de ne pas convertir les hommes au vrai Dieu, mais à leur propres idées, soit en faisant des fanatiques du légalisme rabbinique, soit en les empêchant d’entrer dans le Royaume par cette même intransigeance légaliste. Prosélyte : païen complètement engagé dans la foi juive et circoncis ; le craignant Dieu n’observe que quelques pratiques juives : sabbat, impôt du Temple, prescriptions alimentaires. Le prosélytisme juif avait connu un fort essor au premier siècle, essor que la destruction du Temple en 70 n’avait pas entravé.

            ♦ vv. 16-22.- Malheureux êtes-vous, guides aveugles. Savante construction : aux thèses du rabbinat, exprimées en deux affirmations antithétiques, succède l’appréciation véhémente du Christ qui se résume dans ces deux mots : fous (μωροί, moroi) et aveugles (τυφλοίn, typhloin). Le sens est très probablement le suivant : en définitive, tout serment se fait par le nom de Dieu et devant lui, même si l’on essaye de l’éviter. Si bien que : il importe, soit de ne pas jurer du tout, pour ne pas prendre le nom de Dieu en vain ; soit de ne point faire de distinctions subtiles entre serments valables et non valables, tel que les rabbins. C’est en tant que conducteurs (όδηγοί, odegoi) et non en tant qu’individualités religieuses que les pharisiens sont attaqués par Jésus. L’or du Temple est probablement celui de la construction elle-même, plaquée d’or en plusieurs endroits. L’erreur est d’accorder une plus grande valeur à cet or, pour sa valeur propre, qu’au Temple lui-même ; or, l’or du Temple n’a de valeur religieuse que par le Temple.

            A partir du v. 20 apparaît la souveraineté de Dieu sur toutes choses ; ainsi donc : jurer par quoi que ce soit du Temple ou du ciel, c’est jurer par Dieu lui-même.

Passage au rite
            Le serment a été inventé parce que les hommes mentent. Jésus n’a jamais juré parce qu’il ne dit que la Vérité ; lui-même étant la Vérité de Dieu. Le service de cette vérité l’a conduit à la mort… et à la résurrection. La Vérité ne peut pas mourir. Puissions-nous adhérer de tout cœur à Jésus - Vérité de Dieu.

Pour le Notre Père
            Jésus nous a appris à prier. Puissions-nous croire en ce que nous disons, agir tel que nous parlons.    retour



MARDI VINGT ET UNIÈME SEMAINE
Mt 23,23-26

Introduction
            Jésus réclame des pharisiens de purifier leur intérieur. Nous devons nous appliquer la leçon au moment d’entrer dans la célébration. Ouvrons nos cœurs par la repentance afin que le pardon purificateur de Dieu puisse nous envahir.

Pour l’homélie
            Contexte.- Le même qu’hier. Deuxième et troisième « Malheureux » adressés aux scribes et pharisiens.

            Vision d’ensemble. (vv. 23-24). Ces deux versets se complètent parfaitement ; le second résume et élargit dans une image saisissante ce que le premier affirme sans image. La dîme, signifiait que Dieu est le propriétaire de toutes choses ; la dîme qui lui est offerte (pour l’entretien des prêtres, des lévites ou des pauvres) sur les principaux fruits, les pharisiens l’avaient étendue aux produits minimes. Le neutre pluriel les choses les plus graves, ce sont les plus importantes aux yeux de Dieu.

            Le droit est le respect juridique qui doit être accordé à tout homme ; ce droit en définitive, est acte de miséricorde ; le premier καί (kai, et) serait donc plus explicatif qu’additif.

            Quand à la fidélité est la soumission joyeuse aux ordonnances fondamentales de Dieu consignées dans les Écritures. L’obéissance peut descendre dans ces détails infimes de la vie quotidienne à condition toutefois que cela ne fasse négliger l’essentiel, et que cela ne rassure pas l’homme religieux, toujours enclin à confondre le rigorisme légaliste et la fidélité à Dieu. Jésus leur révèle et, par là, exerce l’autorité de l’Interprète attendu des derniers jours.

            ♦ v. 24.- Vous avalez un chameau. On passait l’eau et le vin au filtre de peur d’avaler une impureté au sens de la loi. Or, soit qu’ils sont accusés de *) négliger consciemment l’essentiel (on n’avale pas un chameau sans s’en apercevoir) ; **) soir qu’il leur reproche de s’acharner à tel point les détails qu’ils en oublient les exigences essentielle. Les pharisiens sont victimes, non seulement de négligence ou d’inconséquence mais d’une perversion religieuse qui leur fait prendre le secondaire pour l’essentiel.

            ♦ vv. 25-26.- La coupe est ici l’image de l’homme tout entier. Les deux mots rapine, intempérance, montrent que purifier d’abord l’intérieur ne signifie pas procéder à des exercices purement intérieurs mais d’obéir de cœur et totalement aux ordonnances essentielles de la Loi. L’intérieur c’est l’homme moral et total. L’extérieur, c’est ce que les autres voient. L’homme total, tel que seul Dieu le voit, ne paraîtra légitimement pur aux hommes que par la fidélité sincère aux prescriptions fondamentales de la Loi. Purifier l’intérieur de la coupe signifie donc obéir sincèrement à la loi de Dieu telle qu’elle est « maintenant » réinterprétée par le Christ.

Passage au rite
            Jésus a tout rendu à son Père le long de sa vie. Jésus a été l’unique à avoir la coupe de sa vie toute purifiée. C’est cela qui l’a conduit et lui a donné la force de traverser la croix. En célébrant ce sacrement, que le Seigneur nous accorde de tout lui donner et de nous garder propres de tout péché.

Pour le Notre Père
            Avec toute confiance nous nous adressons à notre Père, comme Jésus nous l’a enseigné, lui qui est tout juste, tout miséricordieux, en disant…    retour



MERCREDI VINGT ET UNIÈME SEMAINE
Mt 23,27-32

Introduction
            Préparons-nous à célébrer l’eucharistie. Reconnaissons nos péchés, n’essayons pas de chercher des excuses. Confions notre vérité à la miséricorde du Seigneur.

Pour l’homélie
            Contexte.- Nous proclamons les deux dernières plaintes de Jésus à l’égard de scribes et pharisiens. Peut-être la tonalité des accusations monte de grade.

            ♦ v. 27-28.- Des tombeaux blanchis… Les tombeaux palestiniens étaient peints en blanc pour éviter que l’on y touchât par mégarde de nuit, ce qui nécessitait des mesures de purification rituelle. L’apparence pieuse des pharisiens ne saurait donner le change sur leur infidélité totale, intérieure et extérieure à la loi ; ce sont en fait des infidèles qui commettent l’iniquité et ne recèlent pas seulement en leur être intérieur.

            ♦ vv. 29-32.- …que bâtissez les tombeaux des prophètes… L’hypocrisie dénoncée dans ces versets est plus insidieuse : les pharisiens sont accusés d’annexer pour leur propre gloire la fidélité des grandes figures religieuses du passé. Par ces vains retours au passé, les pharisiens se révèlent tels qu’ils sont réellement : fils, c’est-à-dire descendants et responsables avec eux de meurtres abominables ; et c’est ce qu’ils vont montrer en « comblant la mesure » de leurs pères par le meurtre de Jésus. (Cfr. la parabole des vignerons homicides [21,33-43], le discours d’Étienne [Ac 7,51]).
On peut aussi comprendre ces versets de la manière suivante : en construisant ces monuments hypocrites, les pharisiens commettent précisément le crime reproché par les prophètes à leurs pères : ils n’ont que les apparences extérieures de fidélité. Le verbe à l’impératif aoriste remplissez (πληρώσατε, plerosate) n’est pas ironique ; Jésus somme les pharisiens de mettre le comble aux crimes d’Israël contre son Dieu en rejetant son Christ. Cette expression fait probablement allusion à des conceptions juives selon lesquelles le jugement dernier n’interviendra que lorsque les hommes auront mis le comble à la mesure de leurs péchés.

Passage au rite
            La fidélité se Jésus à annoncer la Bonne Nouvelle malgré la clairvoyance de ce que lui attendait, nous a sauvé. Nous célébrons – rendons présente – ce mystère de fidélité : celle du Fils jusqu’à la mort ; celle du Père en le ressuscitant.

Pour le Notre Père
            Jésus, plus que personne, a sanctifié le nom de Dieu, a tout fait pour que son Règne vienne, il a accompli en tout sa volonté. En disant la prière qu’il nous a enseigné demandons-lui de l’accomplir comme lui.    retour



JEUDI VINGT ET UNIÈME SEMAINE
Mt 24,42-51

Introduction
            Aussi bien saint Paul que saint Matthieu nous parlent de la venue du Seigneur. Célébrer la messe c’est rendre présente ici et maintenant cette venue. Sommes-nous prêts à l’accueillir ?

Pour l’homélie
            Contexte.- Nous sommes toujours dans le discours mené par la question du quand ? Jésus ne répond pas, mais puisqu’on ne sait pas « quand » il faut veiller, toujours veiller. Depuis notre premier verset jusqu’à la fin du ch. 25.

            ♦ vv. 42-44.- Ici apparaît l’idée de vigilance, veillez (γρεγορείτε, gregoreite). En ce moment du récit on ne se sait pas encore en quoi consiste cette vigilance. Qu’est-ce que les disciples, en état de veille, auront à faire. La pointe de cette parabole est dans les mots il aurait veillé et tenez vous prêts. La vigilance est d’abord un état d’alerte et d’attente du Fils de l’homme. [J. Jeremias voit dans ce v. 42 un reliquat de la parabole du portier : Mc 13,33ss = Lc].

            ♦ vv. 45-51.- Quel est le serviteur fidèle… ? Cette parabole « du majordome » reprend l’idée de vigilance amorcée antérieurement. Il s’agit d’une vigilance active, l’accomplissement fidèle (πιστός, pistos), intelligent ou prudent (φρόνιμος, fronimos) d’une mission reçue. Ce sont des thèmes caractéristiques de Mt, qui est pour une activité eschatologique, concrète, fidèle et responsable. Remarques :

            (1) Certains donnent à la parabole une interprétation individualiste dans le cadre de la vie de l’église ; le serviteur
est jugé sur la façon dont il a rempli sa mission. Le contexte des ch. 24 et 25 oblige à penser au jugement dernier et universel à la fin du monde.

            (2) Même selon Lc 12 (est-ce à nous ou à tous ?) la réponse de Jésus a trait au comportement de tous les disciples en vue du jugement dernier.

            (3) L’interprétation ecclésiastique pourrait à la rigueur s’appuyer sur les termes de personnel de la maison ou maisonnée et de compagnons de service. Il est probable qu’ils ne sont que des éléments paraboliques d’une instruction d’éthique générale.

            (4) D’après J. Jeremias, cette parabole aurait été destinée aux scribes ; et après, le christianisme primitif en aurait fait une instruction aux responsables ecclésiastiques. Mais… la tâche de l’exégèse n’est pas d’imaginer ce que Jésus aurait pu dire, mais de décrire ce que le texte dit.

            (5) Pour la première fois le verbe tarder (χρονίζειν, jronitzein) qui confirme l’interprétation eschatologique. Le maître tardait à venir : c’est l’écho d’une des lus graves questions qui furent posées à la conscience chrétienne des années 80. *) Le retard imprévu donnait du temps au majordome pour s’amuser puisque son maître tardait à venir ; **) le retard mettait en question jusqu’à l’autorité et l’existence du maître : c’est la foi elle-même au Christ Seigneur qui est mise en doute. « Ici comme dans tout le N. T., c’est l’âge apostolique qui nous parle, âge encore sous les avertissements de la parole de Jésus, et non point de l’Église ultérieure qui ne comprenait plus le sérieux de tels avertissements. »

            (6) Le châtiment infligé annonce ceux du ch. 25. Le serviteur « mauvais » reçoit le même châtiment que les hypocrites qui désignent peut-être les pharisiens de la génération matthéenne.

Passage au rite
            Nous sommes tous des serviteurs appelés au service en présence du Seigneur : c’est toute la vie. De la participation consciente à l’eucharistie, devrait surgir notre fidélité à servir Dieu et les frères au long de la journée.

Pour le Notre Père
            Nous prions que le Seigneur vienne chaque fois que nous prions en disant Que ton Règne vienne. En faisant à nouveau cette prière, demandons d’intérioriser vraiment ce que nous demandons.    retour
 



VENDREDI VINGT ET UNIÈME SEMAINE
Mt 25,1-13

Introduction
            Tous les jours nous disons, peut être sans trop y faire attention : « En cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur ».Or voilà que notre espérance s’accomplit à chaque messe. Préparons-nous pour bien nous rendre à la rencontre.

Pour l’homélie
            Contexte.- La parabole reprend le thème du « maître qui tarde à venir » pour exhorter les disciples à la vigilance. D’autant plus que l’heure du retour du maître demeure inconnue. L’ignorance de l’heure est maintenant absolue ; il n’y a pas de signes précurseurs. Depuis 24,42 il s’agit d’une exhortation positive à la vigilance, sans que l’on sache d’abord très bien en quoi consiste cette vigilance. À 24,45, c’était d’accomplir fidèlement une mission reçue.

            Quelle serait la pointe de la parabole des dix vierges ? Deux orientations majeurs : *) Celle qui insiste sur l’aspect spirituel de la vigilance figurée par l’huile (symbole des dispositions spirituelles) ; **) soit que l’on y lise simplement cette idée : pour être prêt à l’heure décisive où l’époux viendra, l’heure du cri, il importe de se préparer immédiatement car alors (à l’heure du cri) ce sera trop tard. Au niveau de l’image, se préparer signifie faire immédiatement une provision suffisante d’huile (car l’attente est longue). Le texte ne précise pas ce que cela signifie dans la vie des disciples. Seule la suite du chapitre le montrera (talents ; aide aux petits). La deuxième hypothèse est plus d’accord avec le contexte.

            ♦ vv.1-4.- Le Royaume des cieux sera comparable à… La formule introductive il faut la comprendre : alors, c’est-à-dire lors de la manifestation dernière du Royaume, il en ira des hommes comme des vierges de la parabole. Le rôle des vierges il faut le comprendre au niveau de la vie familiale palestinienne ; les vierges représentent la situation de l’home en général face au jugement dernier ou la Parousie. Elles vont à la rencontre de l’époux. Cette rencontre n’illustre que la soudaineté de l’apparition du Fils de l’homme. La sagesse ou la folie de ces vierges : les unes ont pensé à prendre une provision d’huile, les autres pas.

            ♦ vv. 5-9.- Comme l’époux tardait… La mention du retard se comprend très bien au niveau de la coutume palestinienne. Les vierges ne sont pas blâmées de s’être endormies, car le temps de l’activité est passé pour elles ; c’est avant le début de la fête nuptiale qu’elles auraient dû faire ce qu’il y avait à faire : prendre assez d’huile, être fidèles. De même à la fin (v. 13) veiller n’est pas en contradiction avec ce sommeil des dix vierges, car elle s’applique au temps qui précède à la fête nuptiale.

            L’heure décisive de la rencontre se produit à un moment inattendu, sans signes avertisseurs ; le cri du v. 6 n’est pas un avertissement, c’est le signal à partir duquel il est trop tard pour faire (25,45) quoi que ce soit. Le refus des vierges sages aux vierges folles illustre précisément ce « trop tard » caractéristique de l’eschatologie matthéenne. Tout le sens de la parabole culmine dans la rudesse de la réponse faite aux vierges folles… il ne saurait être question de donner, ni même de prêter, cela même qui nous assure le salut. Nous sommes dans un climat sévère, loin de tout humanitarisme facile, de tout sentimentalisme.

            ♦ vv. 10-13.- Celles qui étaient prêtes… La sévérité des vierges sages à l’égard des folles est confirmée par celle, combien plus grave, de l’époux. Il faut veiller maintenant, c’est-à-dire prendre une provision d’huile suffisante, c’est-à-dire être fidèle et faire ce qu’il y a à faire immédiatement. Dans cette seconde partie du discours eschatologique, Mt insiste sur l’ignorance humaine de l’Heure et, en conséquence, ne fait plus aucune mention des signes de la fin.

Passage au rite
            Célébrer l’eucharistie, c’est de rencontrer l’époux qui vient. Nous sommes avertis de l’heure. Nous serons d’autant plus coupables si nous ne sommes pas prêts à la recevoir… à travers ce que nous faisons tous les jours.

Pour le Notre Père
            Ne nous soumets pas dans la tentation de « nous laisser aller ».    retour



SAMEDI VINGT ET UNIÈME SEMAINE
Mt 25,14-30

Introduction
            Encore une fois, depuis plusieurs jours, nous sommes en train d’écouter Jésus qui nous parle de son retour. À chaque eucharistie il est là. Puissions-nous nous entendre dire : « Très bien serviteur bon et fidèle » ; si non, demandons-lui pardon.

Pour l’homélie
            Contexte.- Fait important dans ces deux paraboles de la fidélité (24,45, et celle-ci « des talents »), c’est le cas de l’infidélité qui est le plus développé, ce qui fait penser que tout ce passage est polémique : le Christ matthéen met en garde ses « disciples » contre une infidélité dont ils n’envisagent pas sérieusement l’éventualité. Voici les différentes images de l’infidélité apportées par ce passage : *) 24,45-51 : infidélité dans les violences et l’inconduite ; **) 25,1-13 : infidélité d’imprévoyance ; ***) 25,14-30 : infidélité – paresse. Le trait commun à toutes ces infidélités c’est qu’elles consistent en une insuffisance d’activité concrète. Il se confirme ici que la vigilance matthéenne n’est jamais une ferveur, une joie, ni même une foi ; elle est une attente active et responsable ; ce trait est typique de la pensée matthéenne.
Possibles destinataires de la parabole.- Les scribes accusés de garder pour eux le trésor – talent de la loi sans le faire fructifier pour tous les hommes ; selon cette hypothèse, en prononçant cette parabole, Jésus n’aurait pas fait allusion à son propre retour en gloire comme juge des derniers jours mais seulement à la crise du jugement que les Juifs attendaient.

            ♦ vv. 14-15.- La parabole pour décrire ce que nous disons aujourd’hui « la responsabilité de l’homme devant Dieu », se sert d’une image propre de l’Orient : un maître puissant et riche confiant ses biens à ses serviteurs ; il ne s’agira donc pas d’une responsabilité – contrat, ni d’une responsabilité mutuelle mais d’une responsabilité librement et souverainement confiée par le maître à des subordonnés (non des ouvriers ; mais du personnel de la maison).

            ♦ vv. 16-18.- Aussitôt, celui qui avait reçu cinq… Le contexte des ch. 24 – 25 autorise les remarques suivantes : (1) peut-être il ne faut pas trop se demander ce que sont ces talents ; il appartient à chaque homme de prendre conscience de ce qu’il a reçu et de ce qu’il doit faire ; remarquons en effet que l’éthique matthéenne est ici strictement personnaliste. (2) nous ne sommes pas dans un contexte communautaire (comme en ch. 18). (3) les vv. 31-46 montreront que la responsabilité, tel que la conçoit le Christ matthéen, se rapporte principalement aux déshérités à secourir.

            ♦ vv. 19-23.- Longtemps après… Ces versets sont destinés à préparer l’apparition et la condamnation du mauvais serviteur (aux vv. 24-30). La joie, dans le contexte revêt un accent eschatologique ; mais cela n’autorise à y voir une allusion à une récompense céleste.

            ♦ vv. 24-30.- Celui qui avait reçu un seul talent… Différences frappantes dans le traitement des 2 premiers et le troisième. Remarques :

            (1) Le mauvais serviteur a moins agi par paresse naturelle que par une sorte de fatalisme religieux et oriental ; croyant à l’omnipotence de Dieu capable de tout sans le concours des hommes, comment pouvait-il se mettre au travail ? (Allusions à la mentalité des disciples ou des chrétiens du premier siècle ?).

            (2) Ce mauvais serviteur n’a rien fait parce que il savait très bien que son maître reviendrait bientôt et saurait mieux défendre ses intérêts qu’un pauvre serviteur ne saurait le faire.

            (3) Manque d’amour de ce serviteur à l’égard de son maître.

            (4) Première difficulté : le maître paraît approuver l’idée que le serviteur se fait de sa personne. Il approuve à l’exception qu’il est dur (σκληρός, scleros). Le Dieu de Mt est tout-puissant mais il n’est pas dur ; sa puissance n’écrase pas le travail et la responsabilité, elle les suscite.

            (5) La seconde difficulté (vv. 26-27, il fallait placer mon argent à la banque) ce sont les banquiers. En amenant l’argent à la banque n’aurait-il été aussi paresseux qu’en le gardant dans un trou ? La parabole ne prône pas le travail pour le travail. Il fallait faire ne serait-ce qu’un minimum pour son maître.

            (6) Le v. 29 « à celui qui a lui sera donné… », doit être un dicton populaire ou d’une parole détachée de Jésus. Elle résume bien la parabole : au jugement dernier, celui qui aura, c’est-à-dire celui aura été fidèle dans les petites choses de la vie terrestre, recevra une grande récompense ; mais celui qui n’aura rien, c’est-à-dire aura été infidèle ou paresseux, sera sévèrement puni.

            Il ne s’agit pas ici d’œuvres « méritoires », ces serviteurs sont serviteurs d’un maître qui, malgré sa toute puissance, les associe généreusement à ses « affaires » ; mais cette grâce généreuse, mesurée à leurs capacités personnelles, ne saurait en faire des paresseux ; elle entend en faire des hommes actifs et responsables.

            En étudiant la parabole des talents, il ne faut pas oublier celle du serviteurs impitoyable qui, dans un autre contexte, souligne ces deux aspects de l’enseignement matthéen : la remise gratuite et souveraine de la dette au serviteur insolvable et la responsabilité très grave qui découle de cette grâce « paulinienne ».

Passage au rite
            Jésus a osé risquer son talent – sa vie, sa divinité – au service de l’annonce de la Bonne Nouvelle. Apparemment a échoué. Mais puisqu’il na rien gardé pour lui a tout récupéré, même plus, à la résurrection. Unissons-nous à cette confiance totale de Jésus au Père maintenant à la messe, pour y rester unis toute la journée.

Pour le Notre Père
            « Que ta volonté soit faite ». En demandant cela, demandons aussi le courage pour l’accomplir de notre mieux.    retour