L E    T E M P S    D U    C A R Ê M E  :   Cinquième Semaine

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Messe au choix
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Jn 11,41 "Père, je te rends grâce de ce que tu m'as exaucé. 42 Certes, je savais bien que tu m'exauces toujours, mais j'ai parlé à cause de cette foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé." 43 Ayant ainsi parlé, il cria d'une voix forte: "Lazare, sors!" 44 Et celui qui avait été mort  sortit.

 

MESSE AU CHOIX CINQUIÈME SEMAINE

2 R 4,18b-21

Réponse du Psaume : Je verrai la bonté du Seigneur, sur la terre des vivants. (EqC 138)

Jn 11,1-45

 

Introduction

            De même que la semaine dernière, que l’introduction soit faite en tenant compte de la raison pour laquelle on a décidé de prendre ces lectures « au choix » à la place de celles qui sont proposées  par le lectionnaire. Si cela se passe l’année A (ou là où, le dimanche, on a déjà lu Jn 11) il ne faudrait pas, peut être, reprendre ces lectures au choix.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- Elisée « ressuscite » le fils de la Sunamite : Jésus « ressuscite » le frère de Marthe et de Marie. Il faudrait, cependant, remarquer la disparité de moyens : pour Élisée des gestes, plus ou moins magiques ; pour Jésus la parole, seulement. Cette disparité doit nous faire comprendre la distance qui sépare l’un de l’autre.
 

            Le vocabulaire, à mon avis, pose problème. Dans très peu nous allons célébrer le mémorial de Pâques. Nous parlerons aussi de « mort et de résurrection » de Jésus. Le mot est le même que celui dont nous sommes servis pour parler de ce qui lui est arrivé au fils de la Sunamite et à Lazare ; cependant la réalité signifiée est tout à fait différente.
 

            L’enfant de la Sunamite revient à la vie pour mourir à nouveau, plus tard. De même pour Lazare. Ils ont fait « marche en arrière ». Alors que Jésus « fait marche en avant », rentre dans la vie en plénitude… pas simplement « éternelle » ; parmi les qualités que l’on peut imaginer pour cette « plénitude » il doit y avoir celle de ne pas finir… bonheur inépuisable. Absolument différent de ce que Lazare et l’enfant de Sunam n’ont pas trouvé encore en revenant à la vie mortelle. Jn nous fait un clin d’œil en faisant sortir Lazare du tombeau les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d’un suaire. Il prend avec les habits de la mort.
 

Par contre, lorsqu’il nous parlera de la visite de Pierre et Jean au tombeau vide, voici ce qu’ils découvrent : Arrive, à son tour, Simon-Pierre qui le suivait; il entre dans le tombeau et considère les bandelettes posées là et le linge qui avait recouvert la tête; celui-ci n'avait pas été déposé avec les bandelettes, mais il était roulé à part, dans un autre endroit (20,6-7). C’est-à-dire, Jésus a quitté le lieu des morts et il y a laisse les habits de la mort car il n’en aura plus jamais besoin !
 

            Cependant, encore, aussi bien la victoire d’Élisée sur la mort  (en un degré inférieur) que celle de Jésus, annoncent en prophétie la vie en plénitude que Dieu va donner en partage à ses enfants… donnée déjà aussi en germe depuis le Baptême, nourrie par l’Eucharistie, guérie par la Réconciliation et l’Onction des Malades.
 

            Sur ce problème du vocabulaire de « résurrection », par rapport à ce dont on veut parler, il est éclairant le livre de Marie-Émile BOISMARD, « Faut-il encore parler de “ résurrection ” ? » (Les données scripturaires), aux Éditions du Cerf, Paris, 1995, 178 pages. Col. Théologies.
 

            Lorsqu’à la fin de la « première édition de Jn », l’évangéliste nous fait savoir le but de son œuvre, il dit que : Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d'autres signes qui ne sont pas rapportés dans ce livre. Ceux-ci l'ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom (20,30-31), justement la profession de foi de Marthe. Foi qui désormais donne accès à cette vie en plénitude : même s’il meurt, vivra (v. 25). Nous sommes invités à croire.

 

Passage au rite

            La Liturgie est la célébration de la foi. Notamment la Liturgie de l’Eucharistie. Entrons-y pleinement pour vivre, grand V.

 

Pour le Notre Père

            Notre Dieu et Pare, ne l’est pas des morts mais des vivants ; des vivants en plénitude. Invoquons-le en tant que tel, en disant.    retour

 

 

 

LUNDI CINQUIÈME SEMAINE

Dn 13,1-9.15-17.19-30.33-62

Réponse du Psaume : O Seigneur, près de toi, toute paix, toute joie (EqC 112)

Jn 8,1-11 (Pour les années A et B)

 

Introduction

            Saint Paul disait aux Corinthiens (2e 4,16) : C'est pourquoi nous ne perdons pas courage et même si, en nous, l'homme extérieur va vers sa ruine, l'homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Peut-être cette pensée a inspiré la prière d’ouverture et le sens que nous pouvons donner à notre Carême, et à la messe d’aujourd’hui : renouvellement comme amélioration de notre vie tout entière. Le péché est ce qui est « vieillot » ; que le Seigneur le fasse disparaître.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- Une femme juste est accusée injustement d’adultère, le Seigneur à travers Daniel déclare sa justice, son honnêteté et elle en a eu sa vie sauve ; une femme adultère est justifiée par le pardon de Celui dont le nom est « Le Seigneur Sauve », car il est venu pour nous sauver de nos péchés et celle-ci aussi en a eu la vie sauve.
 

            Je ne peux m’empêcher de copier cette page de « Jours du Seigneur, 2 » (Temps de Carême), p. 214. « ”Jésus resta seul avec la femme en face de lui“. Saint Augustin a remarquablement exprimé le sens de ce face à face silencieux et dramatique que la femme a dû vivre avec intense émotion communicative ne sachant pas encore ce qui lui arriverait : Relicti sont duo, miseria et misericordia. “Ils étaient là les deux, la misère et la miséricorde”. [C’est moi qui cite : Jésus avait affirmé : Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre. La femme aurait pu craindre que Jésus, le Juste, accomplisse sa propre parole !]

            « Jésus alors se redresse, regarde la femme, et lui demande : Où sont-ils donc ? Alors,           personne ne t’a condamné ?           — Personne, Seigneur. Ce sont les deux seuls mots que la pécheresse prononce. Sans doute ose-t-elle, lever         son  regard vers Jésus lorsqu’il lui dit : ”Moi, non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus“.

Qu’est-ce dire, Seigneur ? Tu approuves donc les péchés ? Il n’en est rien ; Écoutez la suite : “Va et ne pèche plus désormais”. Le Seigneur a donc lui aussi condamné, mais le péché, non pas l’homme, car s’il approuverait les péchés, i dirait : ”Moi non plus je ne te condamnerai pas, va, vis comme tu l’entends, assurée de ton acquittement ; si grand que soit ton péché…“ Il n’a pas dit cela, mais : “Moi non plus, je ne te condamnerai pas” ; toutefois assurée pour le passé, sois en garde pour l’avenir ; j’ai effacé tes fautes : observe mes commandements, afin d’obtenir mes promesses. (Traité sur saint Jean, 33.) 

 

Symbolisme du « se courber » / « se redresser » (X. Léon-Dufour)

v. 6 : Jésus se courbant, écrivait avec son doit sur le sol

v. 7 : …il se redressa et leur dit : Celui d’entre vous…       . libération de la mort physique

 

v. 8 : …se courbant à nouveau il écrivait sur le sol

v. 10 : …se redressant, Jésus lui dit           .           .           .   libération de la mort éternelle

Passage au rite

            Jésus s’est « courbé » aussi dans le tombeau ; il s’est aussi « redressé », glorifié par le Père.  Il s’est «courbé» jusqu’à nous, pécheurs ; pour nous « redresser » ensemble avec lui. C’est Pâques. C’est notre messe. Rendons grâce au Seigneur, notre Dieu !

 

Pour le Notre Père

            Ezékiel avait écrit : Est-ce que vraiment je prendrais plaisir à la mort du méchant - oracle du Seigneur DIEU - et non pas plutôt à ce qu'il se détourne de ses chemins et qu'il vive? (18,23). Jésus a accompli le désir de Dieu et il nous a appris à demander, et collaborer à, son accomplissement, en disant :    retour


 

MARDI CINQUIÈME SEMAINE

Nb 21,4b-9

Réponse du Psaume : Seigneur, entends ma prière ; prête l’oreille à mes appels ! (Mis. noté vert 101/64)

Jn 8,21-30

 

Introduction

            Carême est conversion mais pas seulement. Carême est aussi Catéchuménat. L’Église se purifie mais elle doit aussi grandir. Nous sommes tous concernés dans les deux aspects. C’est justement ce que nous allons demander à l’ouverture : Que ton peuple augmente en nombre [Catéchuménat] et grandisse en sainteté [Effort de Carême].

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- * D’une part dans  Nb : Dresse-le [le serpent de bronze] au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils regardent, et ils vivront. (Voici cependant la précision théologique de Sg 16,5-7 : Et même quand la fureur terrible des bêtes venimeuses se déchaîna contre les tiens et qu'ils périssaient sous la morsure des serpents sinueux, ta colère ne dura pas jusqu'au bout. En guise d'avertissement ils furent effrayés quelque temps, tout en ayant un gage de salut qui leur rappelait le commandement de ta Loi. En effet, quiconque se retournait était sauvé, non par l'objet regardé, mais par toi, le Sauveur de tous).
 

** C'est lui [Ezéchias] qui fit disparaître les hauts lieux, brisa les stèles, coupa le poteau sacré et mit en pièces le serpent de bronze que Moïse avait fait, car les fils d'Israël avaient brûlé de l'encens devant lui jusqu'à cette époque: on l'appelait Nehoushtân.(2 R 18,4)
 

*** D’autre part dans Jn : Là où je m’en vais ; vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut ; ce monde, pas de ce monde ; Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que moi, JE SUIS ;et que  je ne fais rien par moi-même, c’est le Père qui me l’a enseigné ; beaucoup crurent en lui.
 

            Une sorte de thème binaire : les mordus sont en bas, leur salut est au sommet ; Jésus s’en va en haut ; les adversaires sont d’en bas, Jésus est d’en haut ; ce monde est censé appartenir à en bas ; ne pas être de ce monde c’est appartenir à en haut (il n’y a pas d’intermédiaire) ; Jésus élevé au sommet du mât de la Croix, mais aussi élevé à la gloire du Père – ce sera la révélation du mystère de sa personnalité que les adversaires cherchent à déchiffrer Qui es-tu donc ? S’il agissait par lui-même, il serait d’en bas ; il agit d’après l’enseignement du Père (qui est d’en haut) il est donc aussi d’en haut. Sans entrer à discuter quelle sorte de foi avaient ceux qui sont censés croire en lui, l’unique moyen de passer d’en bas à en haut, c’est de regarder en haut, c’est de croire en Celui qui est d’en haut, accepter qu’il est JE SUIS. Pas d’autre moyen.
 

            Il faut noter cette annonce typiquement johannique de la Passion grâce au double sens qu’il donne au mot « élever ». Aspect qu’il ne faut jamais oublier en lisant le 4e évangile.

 

            Nous sommes par nature d’en bas ; par grâce, d’en haut. Mais toujours encore avec les pieds sur terre, au sens pénible, et dangereux du mot. Sans détacher nos pieds de la terre (au sens réaliste de l’expression) il nous faut passer continuellement par l’ascèse, porte ouverte à la grâce qui vient d’en haut, à ce monde d’en haut où il est possible de vivre en plénitude. (Libérés des morsures de l’Ancien Serpent). Voici un nouvel aspect de l’effort de Carême.

 

Passage au rite

            Nous célébrons le sacrement de l’élévation de Jésus sur la Croix et dans la Gloire. Nous proclamons ta mort, nous célébrons ta résurrection… À toi, Dieu le Père tout-puissant, tout honneur et toute gloire. Puissions-nous y participer de tout cœur.

 

Pour le Notre Père

            Si ce que je dis, c’est le Père qui me l’a enseigné, c’est le Père qui lui a appris la prière que Jésus à son tour nous a enseigné. Sûrs d’être exaucés, disons donc…     retour

 

 

 

MERCREDI CINQUIÈME SEMAINE

Dn 3,14-20.91-92.95 (Vg)

Réponse du Psaume : À toi, louange et gloire éternellement ! (EqC 146)

Jn 8,31-42

 

Introduction

            Hier nous avions pensé aux catéchumènes qui feront grandir l’Église en nombre. Ces catéchumènes seront soumis à des scrutins, pour que cette croissance soit aussi en sainteté. Nous aussi, chrétiens de longue date, nous devons « scruter » notre vie pour examiner notre fidélité. Le Seigneur veut toujours nous pardonner.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- De la part du Livre de Daniel.- Le roi veut obliger à l’idolâtrie les trois jeunes juifs, sous la menace de les faire mourir dans la fournaise. Eux, ils restent fidèles. De la part de l’évangile de Jean.- « Les Juifs » cherchent à faire mourir Jésus, qui ne cesse de leur dire la vérité qu’il a entendue de Dieu, son Père. Jésus, lui aussi, restera fidèle à la mission confiée.
 

            On pourrait – peut-être trop simplement – penser que le choix des lectures a voulu nous montrer un certain parallèle entre les trois jeunes juifs et Jésus, face au danger. Chacun de son côté est resté fidèle à sa foi, à sa mission.
 

            En ce sens ce thème de la fidélité face au danger – face à toute sorte de difficultés – devrait nous concerner, et chacun de nous faire son propre scrutin.
 

            Quelque remarque sur la rédaction de l’évangile.-
           a) Il faudrait lire, au premier verset, ceux qui avaient cru à lui, comme indication qu’ils auraient accordé crédit à son discours, sans marquer d’attachement à sa personne. Or la qualité de « disciples » authentiques suppose un attachement durable à sa personne : demeurer. Le Si vous demeurez… fait comprendre la possibilité contraire, apparue déjà à la fin du discours sur le pain de vie.
 

b) Si les interlocuteurs de Jésus revendiquent orgueilleusement leur qualité de « descendants d’Abraham », ils risquent de se reposer sur une fausse sécurité ; ils peuvent rester étrangers à la nouveauté radicale du message de la grâce libératrice.
 

c) Le fait que le fils demeure dans la maison, tandis que l’esclave (ou le fils de l’esclave) en est chassé, fait allusion aux querelles entre Agar et Sara, entre Ismaël et Isaac, en Gn 21,8 et suivants ; que Paul, à son tour, exploite dans son épître aux Galates. Se targuer d’être enfants d’Abraham « selon la chair », c’est s’identifier à Ismaël, et demeurer dans la servitude.
 

d) Équivalence entre « la vérité » et « le Fils ». Pour Jn, la vérité c’est la réalité de Dieu en tant qu’il est la plénitude de la vie véritable et qu’il peut y associer les hommes qu’il a créés. Cette vérité se manifeste et se communique en Jésus. Dès lors la foi en lui est aussi connaissance et accueil de la vérité.  


         e) Le comportement des adversaires face à celui qui leur apporte la vérité de Dieu, les disqualifie en tant qu’enfants d’Abraham : Vous cherchez à me tuer ! (37b). Cette accusation semble inconciliable avec l’hypothèse avancée, selon laquelle le passage viserait les judéo-chrétiens contemporains de Jn. Comment leur reprocher une intention homicide à l’égard de Jésus ? On peut considérer ce glissement comme délibéré, significatif de la crise que traverse la communauté du rédacteur. Ces renégats (qui se sont passée au judéo-christianisme) peuvent apparaître aussi coupables à l’évangéliste que les Juifs historiques qui ont voulu la mort du Seigneur.

 

Passage au rite

            Jésus aurait pu dire sur la croix : Et même s’il ne le fait pas… (descendre de la croix) …je me remets dans ses mains. Cette assurance absolue, qui n’a pas été déçue, c’est ce que nous rendons présent dans notre célébration. Puissions-nous partager cette fidélité à toute épreuve.

 

Pour le Notre Père

            Nous avons été faits des fils par le Baptême, et nous demeurons dans la maison. Prions pour y demeurer pour toujours, en disant la prière des enfants, telle que Jésus nous l’a enseignée :    retour

 

 

 

JEUDI CINQUIÈME SEMAINE

Gn 17,3-9

Réponse du Psaume : Le Seigneur s’est souvenu de son alliance (Mis. noté vert 128)

Jn 8, 51-59

 

Introduction

            Nous venons célébrer l’Eucharistie de tous les matins du Carême. Le cercle meurtrier se serre de plus en plus autour de Jésus. Essayons d’entrer dans le drame sans juger personne, mais en nous jugeant nous même. Nos infidélités sont aussi coupables que celles de ceux qui encerclaient Jésus il y a deux mille ans. Demandons pardon.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- Ce thème devrait apparaître autour du nom d’Abraham. Il est le protagoniste de la première lecture ; il reçoit, de la part de Dieu, l’offre de l’Alliance. Son nom apparaît aussi plusieurs fois dans la controverse de Jésus avec « les Juifs ». Quel serait l’aspect commun à retenir des ces mentions d’Abraham ?
 

            Abraham reçoit la promesse de devenir père d’un grand nombre de peuples et d’avoir possession perpétuelle du pays de Canaan. Quatre fois apparaît que sa (ta) descendance héritera de la promesse faite à Abraham. Le premier sens de ce mot serait à comprendre comme étant les hébreux/juifs. Pourrait-on avoir droit de comprendre comme le fait saint Paul aux Galates ? : Eh bien, c'est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa descendance. Il n'est pas dit : « et aux descendances », comme s'il s'agissait de plusieurs, mais c'est d'une seule qu'il s'agit : et à ta descendance, c'est-à-dire Christ (Ga 3,16).
 

            Alors il faudrait reconnaître que Jésus a raison d’affirmer qu’Abraham a tressailli d’allégresse dans l’espoir de voir son jour. Abraham a eu espoir (au sens fort du mot : être sûr que la parole de Dieu s’accomplirait de voir arriver le Jour du Descendant. Et de proclamer qu’il est avant qu’Abraham ait existé : le Fils préexistant s’est rendu présent dans l’esprit d’Abraham lorsque Dieu lui a offert de faire alliance avec lui.
 

            Jésus ne pouvait pas taire « sa vérité »… même si, cette confession, il devrait la payer de sa vie… pas n’importe quand, mais lorsque son heure serait arrivée, pas avant.
 

            Ces adversaires de Jésus qui refusent d’accepter sa parole et qui risquent de voir la mort pour toujours, ces Juifs adversaires de Jésus, sont-ils les Juifs des années 30 ? Sont-ils les Juifs de Jamnia qui se querellent avec les chrétiens de la communauté de Jean, les années 90 ? Par delà de ces références historiques possibles, faut-il recevoir cette douloureuse polémique de Jésus à l’égard de ces Juifs, comme un avertissement pour les lecteurs de toutes les générations.

 

Passage au rite

            Nous sommes là parce que nous voulons rester fidèles à la parole de Jésus. La mort que Jésus nous promet de ne pas goûter, c’est la mort pour toujours. La seconde mort que Jn lui-même dira à l’Apocalypse. La mort physique nous allons la traverser comme Jésus lui-même l’a fait lors de sa Pâque. Renouvelons, affermissons notre volonté de fidélité au Christ tout en participant à son Eucharistie.

 

Pour le Notre Père

            Restons fidèles à cette parole privilégiée que Jésus nous a apprise. Disons-la, croyons-la, mettons-la en pratique. Osons donc dire, parce que c’est comme cela qu’il nous a été enseigné :    retour


 

VENDREDI CINQUIÈME SEMAINE

Jr 20,10-13

Réponse du Psaume : Seigneur, viens à mon secours, viens vite à mon aide (Leclercq « Détresse »)

Jn 10,31-42

 

Introduction

            « Notre faiblesse nous a rendu captifs du péché »… la prière est bénévole ; mais nous sommes coupables. Nous avons recours à « la tendresse » de Dieu – qui n’est pas mièvrerie – parce qu’elle s’exprime au travers la fidélité de Jésus traversant la passion. La liberté que Jésus nous a gagné, il la payé de sa vie. Reconnaissons nos péchés pour en accueillir le pardon.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- De la part de Jérémie, c’est un passage de ses « confessions » ; journal intime du prophète où il s’exprime à la première personne pour raconter ce qui lui arrive ; et pour s’adresser à Dieu ouvertement. D’une part il parle du complot par ruse contre lui ; d’autre, il dit l’assurance en l’aide du Seigneur – Le Seigneur est avec moi comme un guerrier redoutable – il est sûr que sa justice sera manifeste par le châtiment dont ses persécuteurs seront frappés. Il chante d’avance son chant de victoire.
 

            De la part de Jésus. Il vient de proclamer son unicité avec le Père. Moi et le Père, nous sommes un (v. 30). Les adversaires cherchent à le lapider, ils veulent passer à l’exécution qu’appelle le crime de blasphème. Pour quelle bonne œuvre voulez vous me lapider ? C’est parce que tu blasphèmes : tu n’es qu’un homme et tu prétends être Dieu. L’évangéliste avait déjà annoncé ce projet des Juifs lorsque Jésus justifie la guérison du paralysé de la piscine : Car non seulement il violait le repos du sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père et  il se faisait ainsi l’égal de Dieu. Maintenant le verdict devient explicite : c’est le point final du procès de Jésus. Jésus fait cependant appel aux œuvres de son Père qu’il accomplit, dans un certain espoir qu’ils puissent arriver à y croire : Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi et moi dans le Père (v. 38b). À nouveau des pierres menacent Jésus ; cette fois-ci Jésus ne discute plus ; il leur échappe en Transjordanie, là où il avait été avec Jean Baptisait ; là où il avait fait sa connaissance ; là où il avait commencé le ministère qui est en train de finir.
 

            Le thème pourrait être le « Juste persécuté pour avoir accompli la volonté de Dieu ». Jérémie et Jésus en « parallèle ». Mais aussi « divergents ». Le prophète réclame vengeance, Jésus cherche à convertir. L’un ne connaît que « la rétribution temporelle » ; Jésus proclame la Vie qui ne meurt pas. L’un est de l’AT, l’autre du NT.

 

Passage au rite

            Nous allons accomplir l’œuvre de Jésus – Vous ferez cela en mémoire de moi – de même qu’il a accompli les œuvres du Père. Puissions-nous y demeurer fidèles. Accomplir l’œuvre de Jésus à l’Eucharistie ; l’accomplir aussi le long de la journée… quelles que soient le difficultés.

 

Pour le Notre Père

            Le psaume appelait « dieux » à certains personnages responsables du peuple juif. Jésus nous appelle frères ; Jésus nous donne d’être vraiment enfants de Dieu. Disons donc pleins de foi :    retour

 

 

 

SAMEDI CINQUIÈME SEMAINE

Ez 37,21-28

Réponse du Psaume : Seigneur, viens à mon secours, viens vite à mon aide (Leclercq « Détresse »).

Jn 11,45-57

 

Introduction

            Semaine Sainte est aux portes. Pâques dans huit jours. Le temps de préparation est presque fini. Intensifions la fidélité pour ne laisser rien perdre du don que va nous être offert. Que nous soyons des baptisés de longue date, que nous soyons catéchumènes, demandons la protection du Seigneur. Qu’il veuille aussi pardonner nos péchés.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- Un mot revient clairement aussi bien dans Ezékiel que dans Jean : UNITÉ. Dans quel sens dans l’un ou l’autre des textes ?
 

            Ez est le prophète de la restauration, non seulement de la cité sainte, (notamment du temple, ch. 40-44, qui deviendra le centre du pays), mais de tout le pays et de ses habitants avec l’unification des deux groupes opposés des tribus. Les images dont il se sert sont évocatrices de paix et de bonheur, après le malheur de l’exil en Babylone.
 

            Jn rapporte la décision définitive du Sanhédrin : À partir de ce moment, le grand conseil fut décidé à la faire mourir. Trop de monde croit en Jésus à la suite de la résurrection de Lazare ! Ils ont peur d’une émeute qui mette en danger et le prestige des Pharisiens et les bons rapports des Sadducéens avec le pouvoir romain. Ce qui est remarquable c’est la raison que l’évangéliste donne pour expliquer les paroles avec lesquelles Caïphe décide qu’il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple et que l’ensemble de la nation ne périsse pas, parce qu’il était grand prêtre cette année-là.  
 

Caïphe a donné la même raison de la mort de Jésus que Jésus lui-même allait donner à la veille de sa mort. Caïphe dit qu’il faut que Jésus meure pour que « la nation ne périsse pas », et Jésus : Car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés (Mt 26,28). Jn complète ce que Caïphe ne pouvait qu’ignorer : Or, ce n’était pas seulement pour la nation, c’était à fin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés.
 

            Pour deux fois Jn fait apparaître cette expression il était grand prêtre cette année-là. Caïphe a été Grand Prêtre pendant 18 ans (de 18 à 36). Quel pouvait être l’intérêt de remarquer « cette année-là » ? Qu’est-ce que « cette année-là » avait de particulier que les autres 17 années du pontificat de Caïphe ne pouvaient pas avoir ? C’était justement cela : l’année de la Rédemption, l’année du salut, l’année où Jésus allait mourir et ressusciter, unifier les fils de Dieu dispersés. « Cette année-là » n’était pas une année comme les autres ; il fallait le remarquer pour que « cette année-là » reste enregistré ineffaçablement dans les mémoires et les cœurs des disciples de Jn.
 

            Il faudrait rapporter tout le ch. 17 de Jn pour commenter cette unité voulue par Jésus au prix de sa vie.

 

Passage au rite

            Dans toutes les Prières Eucharistiques le premier don demandé comme étant le fruit principal du mémorial qui vient d’être accompli, c’est l’unité des fidèles. Seulement, en exemple, l’épiclèse sur l’assemblée de la 4ème Prière Eucharistique : Accorde à ceux qui vont partager ce pain et boire à cette coupe d’être rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps, pour qu’ils soient eux-mêmes dans le Christ une vivante offrande à la louange de ta gloire. Impossible de participer à l’Eucharistie sans tendre à l’unité voulue par le Christ. (Voir aussi la Prière avant de se donner la paix).

 

Pour le Notre Père

            Nous sommes des enfants de Dieu rassemblés par Jésus, alors que nous avions été dispersés. Que l’unité de nos voix exprime celle de nos cœurs en disant ensemble, comme il nous a été enseigné :    retour