L E    T E M P S    D U    C A R Ê M E  :   Quatrième Semaine

INDEX
Messe au choix
Lundi quatrième semaine
Mardi quatrième semaine
Mercredi quatrième semaine
Jeudi quatrième semaine
Vendredi quatrième semaine
Samedi quatrième semaine 


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     En prenant la condition humaine,
        il a guidé vers la lumière de la foi
        l'humanité qui s'en allait dans les
        ténèbres;
     et par le bain qui fait renaître,
         il a donné aux hommes,
         nés dans le péché,
         de devenir vraiment fils de Dieu.
                                                      (Préface)

 

 

MESSE AU CHOIX QUATRIÈME SEMAINE

Mi 7,7-9

Réponse du Psaume : Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? (EqC 62)

Jn 9,1-41

 

Introduction

            De même que la semaine dernière, que l’introduction soit faite en tenant compte de la raison pour laquelle on a décidé de prendre ces lectures « au choix », à la place de celles qui sont proposées par le lectionnaire. Si cela se passe l’année A (ou là où, le dimanche, on a déjà lu Jn 9) il ne faudrait pas, peut être, prendre ces lectures au choix.

 

Pour l’homélie

            Michée contemporain d’Isaïe doit parler de guetter, de relèvement, de ténèbres et de lumière au sens théologique. En rapport à l’évangile ce serait une application spirituelle de la guérison physique dont l’aveugle a bénéficié. Le lecteur, ou le priant, ou celui qui entend Michée, se trouve dans une situation plutôt précaire et il se sert de la prière du prophète dans l’assurance d’être exaucé, compte tenu de la miséricorde que le Christ a exercée à l’égard de l’aveugle.

Il faut remarquer que personne n’a rien demandé à Jésus en faveur du malade… Jésus agit comme en réaction à l’interprétation erronée (mais habituelle à l’époque) des disciples sur les causes qui ont provoqué la cécité du malade. Puisque Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde, il faut bien que je donne la lumière du regard à ce malheureux. A la fin du récit Jésus va provoquer que l’ancien aveugle physique acquière aussi le regard de la foi en Jésus : Crois-tu au Fils de l’homme ? ~ Je crois, Seigneur.

 

Passage au rite

            Les Juifs s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de la synagogue ceux qui déclareraient que Jésus est le Messie. Jésus, dans l’esprit de ces qui ne font qu’exclure, a été déjà condamné. Parce que Jésus a voulu éclairer – donner gratuitement la lumière de la foi – a été condamné aux ténèbres de la mort. Cependant le troisième jour on la vu glorifié. Voici le Mystère Pascal rendu présent sur l’autel pour que nous puissions voir, pour que nous pussions croire !

 

Pour le Notre Père

            Jésus nous apprend à prier pour que nous reconnaissions que nous avons toujours besoin de grandir dans la foi. Que nous nous gardions en humilité devant Dieu ; que ne tombions pas dans le défaut des Juifs de l’évangile qui croyaient voir (tout savoir), alors qu’ils étaient des aveugles. Prions donc en disant :     retour 

 

 

 

LUNDI QUATRIÈME SEMAINE

Is 66,17-21

Réponse du Psaume : Je t’exalte, Seigneur, toi qui me relèves ! (EqC 116 ; Mis noté 20/A)

Jn 4,43-54

 

Introduction

            Nous entrons dans une sorte de deuxième étape du Carême. Désormais ce sera toujours Jean que nous entendrons à l’évangile. Sauf le texte d’aujourd’hui, ceux des autres jours sont plutôt polémiques. C’est comme si le procès religieux contre Jésus s’était étalé le long de son ministère. Nous entrons vraiment dans la Passion du Christ : la fidélité de Jésus, la stupidité bornée et têtue de ses adversaires. Et nous au milieu sollicités à choisir. Reconnaissons que souvent nos avons mal choisi.

 

Pour l’homélie

            La découverte du thème.- Sans entrer dans des détails du texte (surtout de l’évangile) on dirait que la liaison des deux lectures est claire : le troisième Isaïe annonce un ciel nouveau et une terre nouvelle ou le bonheur sera parfait. Jésus rend présent ce bonheur annoncé avec la guérison du fils du fonctionnaire royal ; anticipation et signe du bonheur eschatologique, plus que parfait, par rapport à celui qui avait été annoncé par Isaïe.
 

            Sauf la référence à ce qu’un prophète n’est pas honoré dans son propre pays, je ne découvre rien qui ait rapport à la Passion de Jésus. Ce manque d’honneur peut être porté à la limite par la condamnation à mort… Peut être on fait dire au texte ce qu’il ne veut pas dire
 

            ♦ v. 45.- Les Galiléens lui firent bon accueil, car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête de la Pâque, puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête.- L’allusion à ce que des Galiléens étaient allés eux aussi a la fête, permet de comprendre, conformément à la pensée johannique, le problème posé par l’allusion au manque d’honneur d’un côté et, d’autre, le bon accueil. Cette allusion tend en effet à suggérer que cet « accueil » des Galiléens, prédisposition favorable, comme pour Nicodème, « à cause des signes » (3,2 : Il vint, de nuit, trouver Jésus et lui dit : « Rabbi, nous savons que tu es un maître qui vient de la part de Dieu, car personne ne peut opérer les signes que tu fais si Dieu n'est pas avec lui »), n’est pas encore la foi véritable (2,23-24 :Tandis que Jésus séjournait à Jérusalem, durant la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom à la vue des signes qu'il opérait. Mais Jésus, lui, ne croyait pas en eux, car il les connaissait tous). Le récit de la guérison du fils du fonctionnaire illustrera ce qu’est le véritable croire, qui ne se fonde pas sur la vue des signes, mais sur la parole de Jésus.
 

            ♦ v. 50.- « Va, ton fils est vivant. » L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il partit. Le père se rendit compte que c’était justement l’heure où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors il crut, avec tous ceux de sa maison. Il est remarquable que la confirmation n’ait pas lieu par le constat visuel de la guérison, mais qu’elle passe encore par la parole des serviteurs. Il faut tenir compte aussi du double reprise du verbe « vivre », et que le mot « guérir », de la demande initiale, n’est jamais repris.
 

            À contrario de l’accès à la foi du fonctionnaire, pourrait-on envisager que le manque de foi en la parole de Jésus sera ce qui le conduira à la passion ?

 

Passage au rite

            Jésus avait dit au fonctionnaire Va, et il partit en croyant. Jésus nous a dit à nous aussi Faites ceci en mémoire de moi, nous sommes venus le faire ; mais quelle sorte de foi habite notre cœur concernant ce que nous sommes en train d’accomplir ? Que le Seigneur nous accorde l’intelligence de la foi  (nous l’avions déjà demandée il y a quelques jours) pour que notre participation ne soit vaine.

 

Pour le Notre Père

            L’homme crut à la parole de Jésus, à la parole de ses serviteurs. Nous voulons croire aussi en la Parole de Jésus et en la parole de ses serviteurs, ceux qui nous ont évangélisé et catéchisé ; qui nous ont appris à prier en disant :     retour

 

 

 

MARDI QUATRIÈME SEMAINE

Ez 47,1-9.12

Réponse du Psaume : Le Seigneur est notre secours et nous chantons sa gloire éternelle-ment (EqC 303)

Jn 5,1-16

 

Introduction

            La prière d’ouverture nous fait demander d’avoir en nous-mêmes comme un double registre (au sens musical du mot) qu’il faut jouer ensemble : le registre de l’amélioration personnelle et celui de la transmission aux autres de ce qui fait notre joie. C’est aussi le schéma de la messe : du Seigneur soit avec vous au Allez dans la paix du Christ ! Que le Seigneur pardonne les fausses notes que nous avons données.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- C’est l’eau. Mais apparemment de l’eau contradictoire : d’un côté eau qui donne vie qui descendait du côté droit de la façade du Temple ; d’autre côté, eau qui devient inutile… pourrait-on dire remplacée par le Christ ? Celle qui aurait dû baigner le paralysé, mais que Jésus a rendue inutile par sa grâce.
 

            La précision du côté droit a suggéré aux Pères de l’Église de comprendre ce côté droit comme étant celui du Christ, transpercé par la lance du soldat romain, d’où a coulé de l’eau et du sang. Crist crucifié, « le temple dont il parlait était son corps » (cf. Jn 2,21), pour le moment détruit, mais qui allait être reconstruit dans trois jours. À travers cette lecture Jésus lui-même est le vrai temple nouveau de la vision d’Ezékiel qui fait vivre à celui qui se laisse toucher (non par une eau quelconque mais) par sa parole… comme le paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et marche. Curiosité : le mot santé apparaît dans notre texte 5 fois ; guéri, 2 fois. Total 7 fois…
 

            Compte tenu du Carême et de l’approche de la Veillée Pascale, pouvons-nous penser aussi que cette eau, celle qui guérit : celle du Temple – Christ, est le signifiant de l’eau baptismale et de tout ce qu’elle apporte au néophyte ?

 

            A propos du ne pèche plus, il pourrait t’arriver pire encore.- C’est là une parole troublante si notre logique entend dans ce propos une théologie de la rétribution, qui fait de la maladie le châtiment du péché. Jésus à l’occasion de l’aveugle né a formellement récusé  ce type de causalité. Ici comme là, il ne veut pas porter jugement sur le passé, mais appeler positivement à une vie libérée. On pourrait transcrire l’idée avec un jeu de mots : « Te voici “sain“, deviens “saint” » ! La guérison du paralysé doit être affermie par une vie saine et sainte, dans la foi en Dieu et l’ouverture aux autres. Jésus craint peut-être que les vieilles habitudes de solitude amère de cet homme pendant sa longue maladie ne le poussent maintenant à rester enfermé en lui-même, dans une satisfaction égoïste qui serait coupable. Un semblable « Ne pèche plus ! » ordonnera la vie graciée de la femme adultère (cf. 8,11). (Ch. L’Eplattanier, « L’Évangile de Jean », Labor et Fides, Genève, 1989, p. 119).
 

            Le paralysé se plaignait auprès de Jésus lorsque celui-ci lui demande s’il veut trouver la santé  Je n’ai personne pour me plonger. (Hominem non habeo). Jésus a été cet homme. Serons-nous « l’homme » dont nos « prochains » ont besoin pour se tirer d’affaire ?
 

            Nous gardons pour les jours à venir le fait que la guérison a été faite le jour du sabbat.

 

Passage au rite

            L’humanité tout entière manquait d’homme pour être sauvée. Paul est explicite aux Romains. Jésus est descendu jusqu’au bord de cette piscine mondiale. Il s’est engagé dans la guérison… tellement, qu’il l’a payé de sa vie. Nous participons à l’événement qui nous a sauvés. Soyons fidèles au salut reçu.

 

Pour le Notre Père

            Que ton Règne vienne. Il est venu. N’oublions pas le prix payé par Celui qui l’a fait arriver. Prier, d’accord ; mais agir en même temps. Demandons pour tenir le courage nécessaire, en disant…     retour

 

 

 

MERCREDI QUATRIÈME SEMAINE

Is 49,8-15

Réponse du Psaume :           [Le Seigneur est tendresse et pitié (Mis. note 64/A)

                                                 [Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de tendresse et d’amour (EqC 67)

Jn 5,17-30                             

 

Introduction

            Même si nous entrons déjà dans la contemplation du Mystère de la Rédemption, autrement dit de ce que Jésus a dû endurer pour nous révéler la Bonne Nouvelle ; nous ne pouvons jamais oublier de nous garder en humilité – c’est-à-dire dans notre vérité – parce que nous sommes plus ou moins pécheurs. L’aveu de nos fautes permet l’entrée du pardon dans notre cœur.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- Le Second Isaïe envisage le retour en Israël des exilés en Babylone comme une sorte de Nouvel Exode, comme une sorte de résurrection : Sortez de votre prison ! ; Venez à la lumière ! ; c’en est fini des inconvénients du climat, on rentre dans une sorte de nouvel paradis. Dieu ne peut pas oublier son Alliance : encore moins qu’une femme ne peut pas oublier le fruit de ses entrailles ! Tout cela grâce au Serviteur anonyme, mis à part pour être l’homme de l’alliance divine avec le peuple libéré.
 

            L’évangile d’aujourd’hui est, avec celui de demain, le discours justificatif de Jésus pour avoir guéri le paralysé le jour du sabbat, pour avoir osé dire que Dieu était son Père, se faisant lui-même l’égal à Dieu. Les adversaires de Jésus n’interviennent pas, mais restent présents en tant qu’interlocuteurs qu’il essaye de convaincre, et qu’il interpelle, jusqu’à la fin, à la seconde personne du pluriel (je vous dis : vv. 19. 24. 25. 28. 33ss.37s.42-47). On peut distinguer comme trois étapes : a) L’apologie de l’œuvre du Fils (5,19-30, texte d’aujourd’hui) ; b) L’appel aux témoignages (5,31-37a, texte de demain avec la péricope suivante) ; c) Jésus retourne l’accusation contre ses adversaires (5,37b-47, texte de demain avec la péricope précédente).
 

            Jésus agit comme l’envoyé de Dieu, en dépendance intime avec celui qui l’envoie (comme le Serviteur), qui fait sortir de la prison de la mort en donnant la vie éternelle ; désormais par des guérisons, mais aussi, le moment venu, par le jugement définitif. Jésus ne fait que ce qu’il voit faire au Père : Jésus ne dit que ce qu’il entend dire au Père. C’est pourquoi il peut vraiment donner la vie éternelle, dont la guérison du paralysé n’a été qu’une anticipation. C’est la raison pour laquelle il a tout le droit de nous exiger, à nous ses disciples, de l’écouter pour adhérer à son enseignement et à suivre ses exemples, si nous voulons avoir part à cette vie en plénitude.
 

            La parabole de Jésus apprenti.- L’agir de Jésus en dépendance du Père est renforcée par une image qui peut avoir été inspirée par son apprentissage à Nazareth auprès de son Père humain, Joseph le charpentier : apprentissage sur le tas, en regardant travailler l’artisan, puis en imitant ses gestes. La référence à cette expérience humaine est probablement ce qui amène Jésus à exprimer ici l’amour de ce père avec le verbe philéo, qui introduit une nuance d’amitié, liée à toute transmission de savoir faire : Le Fils ne peut rien faire de lui-même s’il ne le voit faire au Père… Car le Père aime le Fils et il lui montre tout ce que lui-même fait. (Ch. L’Éplattanier, « L’Évangile de Jean », Labor et Fides, Genève, 1993, p. 120ss)
 

            ♦ v. 20.- Œuvres plus grand encore, de sorte que vous serez dans l’étonnement. Les œuvres de la vie publique de Jésus seront surpassées par celles qui se rattacheront à l’événement da Pâques : le jugement et le don de la vie éternelle qui s’épanouit dans la résurrection des morts. 
 

            Nous sommes tous en exil tant que nous vivons sur terre ; nous sommes tous condamnés, de nous-mêmes, à mourir pour toujours. Seulement l’écoute – donc aussi l’adhésion – à la parole de Jésus peut nous libérer pour entrer dans la Terre Promise, lui seul peut nous donner la vie en plénitude.

 

Passage au rite

            Dans l’Eucharistie Jésus nous appelle dès l’au-delà de cette vie mortelle pour nous attirer vers Lui dans la Vie éternelle. Nous proclamons ta mort, nous célébrons ta résurrection… Répondons à l’appel dès maintenant, pour nous unir à Lui sa gloire.

 

Pour le Notre Père

Jésus nous a transmis tout ce qu’il a entendu du Père… Peut-être lui a-t-il appris comme le prier ? En tout cas Jésus, à son tour a fait de même à notre égard. C’est pourquoi  nous osons dire :     retour

 

 

 

 

JEUDI QUATRIÈME SEMAINE

Ex 22,7-14

Réponse du Psaume : Souviens-toi, Seigneur, de ton amour, et viens nous sauver ! (EqC 76)

Jn 5,31-47

 

Introduction

Nous continuons à marcher vers Pâques. Nous faisons pèlerinage vers Pâques. La marche peut devenir plus pénible si nous sommes encombrés de lourds poids sur nos dos. Que le Seigneur nous libère du poids de nos péchés pour pouvoir progresser dans la connaissance, dans l’amour fidèle.

 

Pour l’homélie

À la découverte du thème.- D’emblée on dirait qu’il s’agit d’un thème « en positif » – Moïse  qui intercède pour le peuple pécheur au pied du Sinaï – et du même thème « en négatif » –  Moïse qui accusera le peuple contemporain de Jésus –. Mais, malgré tout – malgré les durs reproches de Jésus à ses adversaires – Jésus aussi intercède pour eux : Mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés (34). …et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! (40). Comment croirez-vous ce que je dis ? (47).
 

Si, d’une part, nous ne pouvons pas nous identifier au 100% ni aux pécheurs contemporains de Moïse, ni à ceux contemporains de Jésus… d’autre part, nous ne pouvons pas nier que nous sommes aussi pécheurs, peut-être avec d’autre sorte d’infidélités. Bref, nous aussi nous avons besoin d’un intercesseur : nous avons nécessairement besoin de l’intercession de Jésus.
 

Elle nous est offerte toujours à la célébration eucharistique : mon corps… pour vous ; mon sang… pour vous. « Vous » que c’étaient les convives de Jésus ; que c’est les convives de chaque messe.

 

         D’autre part nous sommes en plein procès religieux contre Jésus. Jésus fait appel à ses témoins qui le défendent devant la poursuite de ses adversaires : 6 fois apparaît témoigner, rendre témoignage ; 4 fois, témoignage. Les témoins de Jésus : a) Jean Baptiste. Cependant témoin de « qualité » inférieure b) aux œuvres ; car elles, les œuvres (les guérisons comme celle qui a provoqué la discussion), sont à leur tour l’attestation – le témoignage – qu’il agit parce que le Père lui a commandé. c) Le Père donc témoigne ainsi en sa faveur. d) Moïse enfin et les Écritures qu’il a rédigées rendent témoignage en faveur de Jésus.
 

Jésus, pour sa part, disqualifie ses adversaire parce qu’ils ne cherchent pas la vérité de Dieu, parce qu’ils n’ont pas l’amour en eux-mêmes ; ils sont donc empêchés d’avoir les conditions qui les rendraient témoins crédibles ; d’ailleurs ils ne font que chercher la gloire (la crédibilité) qui se donnent entre eux et non pas celle qui vient de Dieu !


          Enfin puisque Moïse, dans ses Écritures, a témoigné de Jésus et, par contre, eux ils refusent de croire en Jésus – ils refusent donc d’accepter le témoignage de Moïse – Moïse deviendra leur accusateur devant le Père de Jésus, au jour de la remise de comptes.

 

Passage au rite

            À la découverte du thème – l’intercession –  on a déjà fait apparaître comment celui-ci faisait partie de la célébration. Unissons nos esprits à l’Esprit de Jésus pour intercéder pour nous-mêmes et pour les hommes du monde entier – la multitude –.

 

Pour le Notre Père

Jésus fait apparaître que c’est le Père qui l’a envoyé ; que ses œuvres sont celles du Père ; encore que c’est devant le Père que Moïse va accuser les juifs de ne pas avoir cru en Jésus. Dans la foi en Celui qui nous a appris à prier, adressons-nous à Celui qui veut notre salut, à Celui qui nous a envoyé son Fils, à Celui qui a fait de nous ses enfants, en disant…      retour

 

 

 

VENDREDI QUATRIÈME SEMAINE

Sg 2,1a.12-22

Réponse du Psaume : Un pauvre a crié : Dieu l’écoute et le sauve. (EqC 26/B)

Jn 7,1-2.10.25-30

 

Introduction

            La prière d’ouverture nous fait demander « d’accueillir avec joie notre relèvement ». Pourrait-il être autrement ? On dirait une demande inutile. Mais, par la suite la demande apparaîtra nécessaire, car il faut « en rendre témoignage par toute notre vie ». C’est cette cohérence qui nous pose difficulté. Demandons humblement la force pour l’avenir et, pour le passé, le pardon.

Pour l’homélie

  La découverte du thème.- Le thème du juste injustement persécuté apparaît clairement aussi bien dans le Livre de la Sagesse que dans le passage de Jean. Cependant, on dirait que (a) les impies de la Sagesse sont comme des athées de l’année 50 av. J.C. Ceux-ci s’acharnent contre le juste avec l’intention de le mettre à mort, parce qu’il est pour eux un reproche vivant. Il peut s’agir d’un individu précis, dont le sort est comparé à celui di Maître de Justice de Qumrân ou à celui du Serviteur souffrant d’Is 53. Mais le singulier peut désigner également les justes en général, d’autant plus que l’auteur envisage ensuite la destinée collective des justes (3,1-9 : Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, etc.)

            Par contre (b) les persécuteurs du Juste – Jésus – ce sont les Juifs, qu’il faut comprendre comme les autorités religieuses du Temple. Dans notre texte, un peu hors contexte (car des versets ont été sautés dans le passage liturgique), les raisons pour lesquelles Jésus est persécuté seraient : (a) la prétention réitérée d’être l’intime de Dieu et (b) son seul représentant attitré, jointe à l’accusation faite par Jésus, non plus seulement (c) de désobéir à la Loi, mais (d) de ne pas connaître Dieu. [La question sur la possible identité messianique de Jésus et la connaissance de son lieu d’origine, se comprend à partir de la tradition populaire du Messie caché qui apparaîtrait sans savoir d’où il viendrait.]
 

Il est clair que les chapitres 7 et 8 de Jn forment une unité : de lieu ; de temps ; de thème. Voici un regard sur cet ensemble 

 

A

Introduction narrative

7,1-14

Ven/4  :   7,12.10.25-30

 

B

Deux dialogues à partir des réactions de la foule

7,15-24

Samedi/4 :        7,40-53

 

 

C

Deux réponses aux interrogations des Jérusalémites

7,25-36

Lundi/5 :            8,1-11

 

 

 

D

Appel solennel de Jésus et ses conséquences

7,37-53a

Mardi/5   :          8,21-30

 

 

C

Septuple dialogue entre Jésus et des Juifs

8,12-30

Mercredi/5     :  8,31-42

 

B

Septuple dialogue entre Jésus et des juifs «qui ont cru»

8,31-58

Jeudi/5   :         8,51-59

A

Conclusion narrative

8,58

 

             

 

1.- L’introduction et la conclusion narratives, quoique disproportionnées, forment inclusion par les éléments parallèles ou opposés suivants : Jésus est menacé de mort (7,1 et 8,59) – Il va à la fête « en cachette » (en criyptô), il « se cache » (cryptô) (7,10 et 8,59) – Il monte au Temple, il sort du Temple (7,14 et 8,59).
 

2.- Plusieurs assertions parallèles se lisent dans les premiers et les derniers dialogues (B et B’) : Jésus ne parle le pas de lui-même, mais comme « envoyé de Dieu » (7,16 et 8,42) – Il se dit « véridique », et dépourvu d’injustice ou de péché (7,18 et 8,45s) – Ses interlocuteurs n’obéissent pas à Moïse, ou ne font pas les œuvres d’Abraham (7,19 et 8,15-19) – Il les accuse de vouloir le tuer (7,19 et 8,37) – Eux l’accusent d’avoir un démon (7,20 et 8,45-52).    
 

3.- Les corrélations entre les éléments C et C’ sont également frappantes : le débat sur l’identité de Jésus de Jésus, ou son origine (7,25-29 et 8,25-29) – Le malentendu sur l’annonce de son départ (7,33-36 et 8,21-24) – Le reproche de méconnaître Dieu (7,28 et 8,19) – La non arrestation de Jésus parce que son heure n’est pas encore venue (7,30 et 8,20) – Le fait que, dans ce climat tendu, beaucoup ont cru en lui (7,31 et 8,30).
 

4.- L’élément central souligne l’enjeu spirituel de la foi en Jésus. Le débat sur son identité a conséquence sotériologique : à celui qui croit est promis le total renouvellement de son être par l’Esprit vivifiant (7,37-39)
 

5.- Cette structure ne tient pas compte du récit de la femme adultère (7,53 – 8,11). Ce texte manque dans les principaux manuscrits. Ses caractéristiques le rapprochent des récits synoptiques l’insèrent après Lc 21,37-38 : Jésus passait le jour dans le temple à enseigner et il sortait passer la nuit sur le mont dit des Oliviers. Et tout le peuple venait à lui dès l'aurore dans le temple pour l'écouter -  Jn 7,53-81 : Ils s’en allèrent chacun chez soi et Jésus regagna le mont des Oliviers. Dès le point du jour, il revint au temple et, comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner…

 

L’heure.- Le mot « heure » employé 26 fois dans l’évangile de Jean, désigne le plus souvent un temps particulièrement favorable, dans lequel le salut s’accomplit. Dans la première partie de l’évangile, cette heure n’est pas encore arrivée. La mère de Jésus voulant faire intervenir son Fils, s’entend que « mon heure n’est pas encore arrivée » (2,4). L’arrestation de Jésus est impossible pour la même raison (7,30 ; 8,20). À plusieurs reprises, Jésus prédit l’imminence de l’heure à partir de laquelle tout deviendra plus clair (16,25). Le culte sera spirituel (4,21-23), la vie l’emportera sur la mort (5,25). Le suspense habilement entretenu est levé lorsque Jésus, face aux païens qui veulent le voir, annonce que l’heure est venue (12,23). Entré dans la passion, Jésus proclame que l’heure de la glorification est enfin arrivée (13,1 ; 17,1). Cette expression existe dans les synoptiques (Mc 14,35.41). Seul Jean a semé tout au long de son évangile des références à un événement de l’histoire, la crucifixion de Jésus. Ce temps ne relève pas de la chronologie. Une fois advenu, il demeure toujours actuel et prolonge ses effets en faveur de tous ceux qui adhèrent à la Parole. (Alain MARCHADOUR, « L’évangile de  Jean », Centurion, Paris, 1992, Col. Commentaires, p. 166).

 

Passage au rite

Dans quelle mesure connaissons-nous Jésus ? Nous allons célébrer son heure… et la nôtre, celle de notre salut. Soyons tout en action de grâce.

 

Pour le Notre Père

 Le juste se vante d’avoir Dieu pour Père. Ce n’était pas de la vanité, mais de la vérité. Jésus nous l’a fait partager. Prions pour y vivre en accord les mêmes mots appris de Jésus, en disant :     retour

 

 
 

SAMEDI QUATRIÈME SEMAINE
Jr 11,18-20

Réponse du Psaume : Seigneur, viens à mon secours, viens vite à mon aide (Leclercq « Détresse »)

Jn 7, 40-53

 

Introduction

            Au fur et à mesure que le Carême avance, que l’étau de la persécution se serre autour de Jésus, nous nous rendons compte de nos faiblesses par comparaison à sa fidélité. Nous demandons dans la prière d’ouverture, comme dans la célébration elle-même, l’aide de Dieu, sans laquelle il nous est impossible de lui plaire. Implorons le pardon de nos faiblesses.

 

Pour l’homélie

À la découverte du thème.- D’une part, une page des « Confessions de Jérémie », un juste persécuté. D’autre, des manœuvres pour la persécution du Juste Jésus de Nazareth ; dans notre page d’aujourd’hui, pas un mot de Jésus lui-même. Le thème de la persécution est là, commun à l’un et à l’autre ; mais, pas encore de « réaction de Jésus ». Par contre il nous apparaît la façon de réagir de quatre groupes de personnes devant Jésus, sa façon d’agir, de parler, son origine supposée.    
 

Par rapport au texte de Jr : * L’allusion à l’agneau docile, peut avoir inspiré le Deuxiè-me Isaïe pour le 4ème Cantique du Serviteur.
                                                            ** La prière de Jr est marquée par le désir de vengeance ; sentiment compréhensible compte tenu de la conception de la rétribution temporelle ; plus que désir de vengeance est demande que la justice de Dieu s’accomplisse dans le temps présent ; on ignore la survie dans l’au-delà.

 

On pourrait rapprocher « à contrario » la prière de Jérémie, d’une part et, de l’autre, celle de Jésus, propre à Luc au moment de la crucifixion Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font. Cette comparaison doit manifester si celui qui prie appartient, ou non,  au Nouveau Testament. Voir cependant 5,34.40.47 (Jeudi/4) où Jésus essaye d’attirer à soi les Juifs en toute douceur et même avec douleur.
 

Quatre groupes de personnages apparaissent dans notre évangile.

(a) Les gens qui se divisent par rapport à la reconnaissance de la messianité de Jésus. Pour : ceux qui l’ont entendu proclamer (versets précédents) : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et que boive celui qui croit en moi. Comme l'a dit l'Écriture : « De son sein couleront des fleuves d'eau vive. » Il désignait ainsi l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui (7,37b-39a). Contre : ceux qui disent qu’il n’est pas né à la cité de David. (Critère qui contredit celui du « Messie caché »).
        (b) Les gardes (probablement des lévites en fonction de « service d’ordre » ou de « police à l’intérieur du Temple »). Ils ont été convaincus par la façon de parler de Jésus.
        (c) Les « chefs du peuple et les Pharisiens » qui nient toute autorité morale à Jésus et qui méprisent le petit peuple qui suit Jésus et qu’ils considèrent comme des « maudits » parce qu’ils ignorent les subtilités de l’interprétation pharisienne de la Loi. 
         (d) Nicodème. Lequel, malgré la supposée timidité qui l’a conduit visiter Jésus de nuit, ose faire apparaître le bon sens qui doit guider la recherche de la vérité ; ce qui ne fait pas partie des intentions des autorités religieuses. Nicodème, malgré son autorité de « notable des juifs » et de pharisien, est mis par ses collègues au rang des « maudits galiléens ».
 

            Ces « savants du temple » ignorent qu’il y a eu un prophète en Galilée : C'est lui [Jéroboam II] qui rétablit le territoire d'Israël, depuis Lebo-Hamath jusqu'à la mer de la Araba, selon la parole que le SEIGNEUR, le Dieu d'Israël, avait dite par l'intermédiaire de son serviteur le prophète Jonas, fils d'Amittaï, de Gath-Héfèr. (2 R 14,25). (Il n’en est pas l’auteur, mais c’est à lui qu’a été attribué le Livre de Jonas).
 

Quelle est ma prière : pour vengeance ou pour pardon ? À quel groupe voudrais-je m’identifier ? Aux gens qui acceptent la parole de Jésus ? À ceux qui refusent ? Aux gardes qui croient en Jésus en l’entendant parler ? Aux autorités sûres d’elles mêmes, même dans l’erreur, et qui méprisent les inférieurs ? À Nicodème qui n’a pas de peur de témoigner de la vérité… ne serait-ce que simplement du bon sens ?

 

Passage au rite

Cette série des questions est résolue pour nous, participants à l’Eucharistie. Notre présence témoigne de notre foi en Jésus Christ, Seigneur et Sauveur. Qu’il nos permette de le suivre de plus près.

 

Pour le Notre Père

Prions en pardonnant, comme Jésus lui-même l’a fait, et nous a appris à le faire. Disons donc :     retour