L E    T E M P S    D U    C A R Ê M E  :   Troisième Semaine

INDEX
Messe au choix
Lundi troisième semaine
Mardi troisième semain
Mercredi troisième semaine
Jeudi troisième semaine
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En demandant à la Samaritaine
    de lui donner de l'au à boire,
Jésus faisait à cette femme
    le don de la foi.
Il avait un si grand désir
    d'éveiller la foi dans son cœur,
qu'il fit naître en elle
    l'amour même de Dieu.
                                                      (Préface)

 

MESSE AU CHOIX TROISIÈME SEMAINE

Ex 17,1-7

Réponse du Psaume : Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la vois du Seigneur (EqC 63)

Jn 4,5-42

 

Introduction

            Au choix aussi. Compte tenu de la raison pour laquelle on a décidé de choisir ces lectures à la place de celles qui sont proposées par le lectionnaire pour ce jours-ci ; surtout en dehors de l’année A ; car en cette année la lecture de Jn 4,5-42 a été déjà proclamée le dimanche 3/A.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- Il semble évident. D’une part la première lecture proclame : Tu [Moïse] frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira ! D’autre part : Jésus affirme : Celui qui boira de l’eau que moi,  je lui donnerai n’aura plus jamais soif. Le thème donc serait le don de l’eau de la part de Dieu.
 

Les versets de la première lecture constituent une réflexion d’Israël sur la marche au travers du désert : à travers les épreuves de la faim (ch. 16), de la soif (notre texte), de la guerre (17,8-16), à travers de l’épreuve de la foi (17,7).
 

            On peut alors se demander, pour la réflexion et l’exhortation, quelle signification aurait l’eau donnée par Dieu à travers Moïse. Surtout compte tenu de l’épreuve de la foi (v. 7), presque tentation de la foi, à laquelle le peuple se voit soumis.
 

            D’autre part, l’eau promise par Jésus à la Samaritaine, n’est pas une eau « normale » (H2O), elle est une métaphore de quelque chose d’autre. En deux autres endroits de Jn on peut trouver des clés pour découvrir « le signifié » par cette eau promise par Jésus. Dans l’entretien avec Nicodème Jésus affirme : En vérité, en vérité, je te le dis: nul, s'il ne naît d'eau et d'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu (Jn 3,5). Le P. Xavier Léon-Dufour tient qu’il faut comprendre les mots d’eau et d’Esprit par d’eau qui est Esprit. Ce qui viendrait confirmé par le verset suivant où l’eau disparaît et il ne reste que l’Esprit : Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit (3,6).
 

De même en Jn 7, 37-39 : Le dernier jour de la fête, qui est aussi le plus solennel, Jésus, debout, se mit à proclamer : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et que boive celui qui croit en moi. Comme l'a dit l'Écriture : ‹ De son sein couleront des fleuves d'eau vive. › » Il désignait ainsi l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui : en effet, il n'y avait pas encore d'Esprit parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié.
 

            L’eau que Jésus promet c’est Esprit ; premier acte accomplit par Jésus à l’égard des disciples le soir du jour de sa glorification : Recevez l’Esprit Saint (Jn 20,22).
 

            De même que l’eau devient indispensable pour la survie physique, l’Esprit l’est aussi pour la survie  chrétienne. Ce qui ne dispense de professer la foi en la présence accompagnatrice et invisible, parfois même imperceptible, du donateur. Ce qui nous oblige à répondre par un grand OUI à la question de l’Exode : Le Seigneur est-il vraiment au milieu de nous, ou bien n’y est-il pas ?

 

Passage au rite

            Tout de suite après des mots de l’anamnèse (« en faisant mémoire… ») nous invoquons pour une deuxième fois l’Esprit, cette fois-ci sur l’assemblée célébrant – la première fois il avait été invoqué sur les dons –. Pour qu’il la rende unie à sa tête et entre les membres eux-mêmes. Toutes les Prières Eucharistiques font cette invocation. Y croyons ? Avons répondu OUI à la question de l’Exode ? Cette foi se traduit effectivement dans notre vie ?

 

Pour le Notre Père

            Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer. C’est aussi en esprit et en vérité qu’ils doivent prier… comme Jésus lui-même les a enseigné. Disons donc :   retour

 
 

 

 

LUNDI TROISIÈME SEMAINE

2 R 5,1-15a

Réponse du Psaume : Mon âme a soif du Dieu vivant : quand le verrai-je face à face ? (EqC 102)

Lc 4,24-30

 

Introduction

            Nous sommes rassemblés « en Église » – même si nous sommes très amis – ; l’Eucharistie ne peut être célébrée qu’en Église. Nous n’en sommes aussi rien qu’un petit échantillon. Mais nous allons prier pour la Grande Église dont nous faisons partie. Que ta grâce la gouverne toujours. La petite église de Nazareth était tombée dans l’orgueil et le mépris des autres. Que le Seigneur nous protège de pareil égarement. Reconnaissons aussi les péchés de notre part.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- D’emblée on dirait que le thème est Naaman, le général syrien lépreux. Il apparaît dans la lecture du cycle d’Élisée et dans l’évangile. Mais y a-t-il quelque parallèle, quelque chose en commun, dans les deux textes ? On va essayer de voir.
 

            Au sujet du récit d’Élisée. Les Syriens utilisaient des procédés magiques de guérison qui faisaient leur renom jusqu’en Israël (v. 12 : les fleuves l’Abana et le Parpar), entraînant souvent celui-ci dans l’idolâtrie. Pour lutter contre cette tentation, le geste d’Élisée souligne la supériorité des moyens hébreux de guérison, dont l’efficacité est due à la parole de Dieu elle-même. Les possibles restes de procédé magique d’Élisée deviennent spiritualisés du fait que le malade obéit aux injonctions du porte parole de Dieu : l’enjeu de Naaman porte sur ce point : apprendre à dépasser le rite pour faire confiance à un Parole.
 

            À propos de l’évangile.- Le verset immédiatement antérieur à notre texte, qui en est une sorte de réponse, dit : Alors il leur dit : « Sûrement vous allez me citer ce dicton : ‹Médecin, guéris-toi toi-même. › Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm, fais-en donc autant ici dans ta patrie » (4,23). Jésus a compris que les nazaréens lui exigeaient de rester « chez lui » pour qu’ils puissent bénéficier de ses miracles. Jésus a choisi d’habiter Capharnaüm, sans doute, parce qu’elle est une ville « cosmopolite » qui favorise ses soucis missionnaires ; tandis que le village de Nazareth était plutôt un endroit « fermé ». Alors Jésus compare sa mission à celle des anciens prophètes Élie et Élisée qui ont exercé quelques actions remarquables de leur ministère, « à l’étranger ». Jésus, ne fait rien d’autre ; même si Capharnaüm ne peut pas être considérée « étrangère » à Nazareth, loin de là ; peut être s’agit-il de simple rivalité de voisinage villageois.
 

            La réaction violente des nazaréens (démesurée, compte tenu qu’il s’agit de la première apparition publique de Jésus) devient plutôt une annonce de l’opposition que Jésus va trouver au long de son ministère. Opposition déjà annoncée par Siméon : Il est là pour la chute ou le relèvement de beaucoup en Israël et pour être un signe contesté (2,34)
 

            Quel est le thème donc ? Naaman a été capable de croire à la parole que lui a été adressée par Élisée. Les nazaréens ont été incapables de croire à la parole de Jésus.
 

            À quelle parole faisons-nous confiance ? Quelle parole suivons-nous ? Quelle parole peut rendre raison de tout ce que nous pensons, disons, faisons ? Cette « racine » de notre vie, est-elle la parole de Jésus, en tout et pour tout ? Autrement dit : si quelqu’un nous demandait Pourquoi fais-tu, ou dis-tu, ceci ou cela ? Serions-nous capables de répondre avec une référence à la parole de Jésus ? Voilà un vrai effort de Carême.

 

Passage au rite

            Lui, il allait son chemin. Ce chemin l’a conduit par le Calvaire au jardin de Pâques. Ce chemin passe maintenant par notre autel. Suivons Jésus sur son chemin à l’Eucharistie, pour le suivre le long des journées dans les affaires de tous les jours.

 

Pour le Notre Père

            La Parole de Dieu souvent nous dépasse, nous déstabilise. Parole apprise de Jésus lui-même, même si elle nous déconcerte. En faisant confiance, osons dire :   retour 

 

 

MARDI TROISIÈME SEMAINE

Dn 3,25.34-43 (Vg)

Réponse du Psaume : Souviens-toi, Seigneur, de ton amour ! (Transmission orale)

Mt 18,21-35

 

Introduction

            Peut-être… peut-être… sommes nous venus à la petite messe de tous les matins pour accomplir une résolution « d’effort de carême ». Il faudrait ne pas trop nous regarder ; il faudrait surtout que cet « effort » tourne vers « l’intérieur » de nous-mêmes. L’effort de se lever tôt, ça compte pas mal… mais pas seulement : il doit être comme l’expression « visible » d’un acte d’amour intérieur… d’un « effort spirituel » ; celui que personne d’autre que le Père qui voit dans le secret peut découvrir. Pour nos manques de simplicité, pardon !

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- Le texte de Daniel place à l’époque de l’exil en Babylone la situation que le peuple juif vivait en réalité pendant la persécution grecque d’Antiochus Épiphane IV (165 av. J. C.). Le priant rappelle la promesse faite à Abraham d’une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel ; par contre nous sommes devenus le plus petit des peuples. Sa prière ne peut être appuyée ni par le chef, ni le prophète, ni le prince, ni par des holocaustes, ni par des sacrifices, ni d’oblations, ni par offrande d’encens, il nous manque même l’endroit où offrir. Malgré tous ces manques : accueille-nous avec notre âme brisée et notre esprit humilié… que notre sacrifice [absolument immatériel] trouve grâce devant toi et qu’il obtienne ton pardon. La persécution a favorisé la découverte que, ce qui compte devant Dieu, plus que les offrandes matérielles, c’est le sentiment personnel d’offrande à Dieu.

 

            [Attention ! – Juste après la présentation du pain et du vin à la Préparation des Offrandes, le prêtre reprend pour lui-même les paroles de Daniel : Humbles et pauvres, nous te supplions, Seigneur, accueille-nous ; que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant toi. Personne d’autre que le prêtre ne les entend. C’est suffisant. Lui aussi pourrait être tenté de vanité ; d’extériorité. Il doit accomplir le rite comme jaillissant du fond de son esprit en communion avec le Christ et l’Église.]

 

            Le texte de Matthieu fait partie de celui que l’on appelle le Discours Communautaire. Il faut prévenir les querelles à l’intérieur de la communauté ; et, si elles arrivaient, comment les résoudre. C’est clair : il n’y a pas d’autre moyen que le pardon. Pierre demande combien de fois faut-il pardonner, sept ? Jésus lui répond : Toujours ! (77 x 7). Mais Jésus sait que le vrai problème ne se pose pas sur le nombre de fois à pardonner, mais à pardonner pour la première fois. C’est l’objectif de la parabole, laquelle retourne le pardonne-nous comme nous pardonnons – en – parce que  tu nous as pardonné nous pardonnons à notre tour. Les détails en talents et en deniers ne sont que des appuis pour faire apparaître « la logique » de ce « retournement ».

            Cette réconciliation est une condition sine qua non pour que notre messe puisse être agréable au Père. En effet, après avoir enseigné le Notre Père, Jésus ajoute : Si vous pardonnez leurs fautes aux hommes, votre Père céleste vous pardonnera aussi, mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne pardonnera pas non plus vos fautes (Mr 6,14-15). Et l’exemple pratique pour l’accomplissement du cinquième commandement : Quand tu présentes ton offrande à l’autel et que, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis viens et offre ton offrande (Mt 5,23-24). Voilà le vrai sacrifice spirituel. Voilà le vrai effort de Carême. Voilà l’esprit qui doit accompagner notre présence à la célébration eucharistique, sans quoi elle serait vaine.

 

Passage au rite

            Azarias n’avait rien de matériel à offrir sauf l’esprit brisé et humilié. Nous, extérieurement, pas grande chose de plus : l’hostie, une gorgée de vin. Mais il faut encore que cela soit accompagné d’un esprit, le notre, en communion avec celui du Christ dans son offrande : le vrai, l’unique sacrifice vraiment spirituel !

 

Pour le Notre Père

            Pardonne-nous comme nous pardonnons. Ou, plutôt, aide-nous à faire passer aux autres le pardon que tu nous as donné. Avec l’âme brisée et l’esprit humilié, nous osons dire…   retour

 

 

 

MERCREDI TROISIÈME SEMAINE

Dt 4,1.5-9

Réponse du Psaume : Peuple de Dieu célèbre ton Seigneur ! (Mis. noté vert 176/1)

Mt 5,17-19

 

Introduction

            Même si nous sommes déjà presque à la moitié du Carême, nous pouvons profiter du programme qui apparaît à la prière d’ouverture : « nous former à la vie avec le Christ » ; « nous alimenter de sa parole » ;  que l’effort de carême nous obtienne « la fidélité à servir le Seigneur » et « le goût de le prier d’un même cœur ». Pour les fois où nous avons fait justement le contraire, demandons pardon.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- La lecture du Dt nous reporte les conseils de Moïse aux hébreux, juste avant d’entrer dans la terre promise. L’accomplissement fidèle des commandements qu’il leur a donné de la part de Dieu, fera d’eux un peuple sage et intelligent plus que tous les autres. L’adhésion aux commandements reçus fera que le Seigneur soit vraiment proche d’eux chaque fois qu’ils l’invoqueront.
 

            Les versets de Mt sont ceux qui précèdent immédiatement les fameuses six antithèses du Sermon sur la Montagne. Jésus y fera apparaître comment les disciples qui l’écoutent pourront accomplir la Loi et les Prophètes de la même manière que lui même les a accompli. Parmi d’autres possibles interprétations du verbe accomplir, Pierre BONNARD donne comme préférable « révéler le vrai sens des Écritures, par son enseignement et par sa vie. Cette interprétation nous paraît convenir au double sens matthéen de ce verbe : dans la vie de Jésus s’accomplit ce que l’A.T. annonçait ; et il se soumet lui-même à la loi de Dieu ; (Mt 3,15 : Mais Jésus lui répliqua [à Jean Baptiste] : « Laisse faire maintenant : c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice ») ; d’autre part, ce sens convient au contexte immédiat des v. 21 à 48 (les antithèses) où Jésus interprète la Loi donnée aux pères en en révélant la signification radicale. (Voir Mercredi 10ème semaine du T.O.). Il ne s’agit donc pas de revenir à la Loi Mosaïque (que Jésus, d’ailleurs, a très librement transgressé, surtout par rapport aux interprétations plutôt tatillonantes des docteurs pharisiens) mais de l’observer minutieusement selon l’interprétation que  Jésus en fait le long de son ministère en commençant par les antithèses. »
 

            ♦ v. 19.- Être déclaré grand ou petit dans le Royaume des cieux, doit être compris comme synonyme d’être « admis dans » (grand) ou « rejeté de » (petit) de ce Royaume.
 

            Voilà, encore de quoi se convertir pendant ce temps de Carême. Le Mercredi des Cendres il nous avait été dit : Convertissez-vous, et croyez à l’évangile. Il faut y aller !

 

Passage au rite

            Jésus a enseigné comment accomplir la Loi, la volonté du Père, en toute fidélité. Pour sa part lui aussi il a accompli ce qu’il enseignait. Aucune circonstance ne l’en a écarté. Même pas la menace de la Croix. C’est par cette fidélité que Jésus a traversé les cieux et s’est assis à la droite du Père… et il nous offre, à nous aussi, la possibilité d’y arriver, pourvu que nous vivions ses enseignements sur terre avec une fidélité semblable. La célébration de l’eucharistie devrait nous conduire à cette communion.

 

Pour le Notre Père

            Jésus nous a enseigné à demander au Père que son Règne vienne. Le Règne est déjà venu dans la personne et l’enseignement de Jésus. Mais, de quelle manière ce Règne-là oriente, guide, nos vies de tous les jours ? Prions avec intensité, comme Jésus nous a enseigné :   retour 

 

 

 

JEUDI TROISIÈME SEMAINE
Jr 7,23-28

Réponse du Psaume : Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur : mais écoutons la voix du Seigneur (EqC 63)

Lc 11,14-23

 

Introduction

            Participer jour après jour à l’eucharistie c’est réellement de la générosité mais… à l’égard de qui ? Qui en est bénéficié ? Est-ce que nos actes – même les meilleurs – ajoutent quelque chose à Dieu ? La prière d’ouverture nous fera demander une plus grande générosité pour nous préparer à célébrer le mystère pascal. La « générosité », doit envisager, surtout, les autres. Quelle générosité à l’égard de Dieu si ce n’est que de nous donner nous-mêmes à lui ? Reconnaissons que, parfois, nous avons été trop égoïstes.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- Jérémie se plaint auprès de son peuple parce que celui-ci a fait la sourde oreille à tous ceux qui lui étaient envoyés par Dieu lui-même. Rien à faire : ils n’ont pas écouté ; ils n’ont pas prêté l’oreille ; ils ont reculé au lieu d’avancer ; ils ont raidi leur nuque, ils ont été pires que leurs pères. Conclusion redoutable : La fidélité en est morte ; on n’en parle plus.
 

            Luc, pour sa part, raconte un épisode pire encore que ceux auxquels Jérémie faisait allusion. Jésus pose un signe qui atteste que le Règne de Dieu est survenu pour vous, et les témoins de ce signe l’attribuent à Béel-zéboul, au chef des démons ! C’est la perversion !
 

v. 20.- Par le doigt de Dieu. Cette expression propre à Lc doit faire allusion à Ex 8,15 (Les magiciens dirent au Pharaon : « C'est le doigt de Dieu. » Mais le cœur du Pharaon resta endurci), où les miracles de Moïse, d’abord discutés, sont finalement reconnus par les magiciens de Pharaon comme l’œuvre du doigt de Dieu. Jésus est le nouveau Moïse qui chasse les démons, par son propre pouvoir. (Chez Mt 12,28, il les chasse par l’Esprit de Dieu). Les gens de l’époque de Jésus deviennent pires que les magiciens de Pharaon.
 

L’œuvre de Jésus (son ministère, sa Passion, sa glorification) ont été le grand combat d’un plus fort contre le fort. Et ceux que le fort gardait prisonniers dans son palais ont été libérés. Le plus fort distribue tout ce qu’il lui a pris : nous, les hommes libérés du pouvoir de l’Ennemi.
 

Mais les gens de la génération contemporaine de Jésus ont été incapables de comprendre. Ils appartiennent à ceux qui ne sont pas avec Jésus, donc contre Lui. Et nous ? Après avoir été libérés à l’Initiation chrétienne, au sacrement de Réconciliation, qui est Celui qui habite nos cœurs ? Qui est le maître de nos désirs, de nos pensées ? Si nous nous laissions asservir à nouveau, ce serait pour nous, pire encore que pour la génération de Jésus…
 

Nous avions bien besoin de demander une plus grande générosité de notre part pour que tout ce qui a été accompli pour nous par Jésus, ne soit pas gaspillé ; ne soit pas rendu stérile. (Cf. Vendredi 27ème semaine T.O.).

 

Passage au rite

            Nous serons contemporains, dans le sacrement, du combat qui nous a rendu la liberté face à l’ancien méchant patron. Que notre participation nous renforce dans la liberté que le Christ nous a gagnés.

 

Pour le Notre Père

            Le Mal dont Jésus nous a appris à demander d’être délivrés, n’est pas un mal quelconque, mais le Malin. Reconnaissons que nous sommes toujours en danger de devenir ses complices et de lui ouvrir la porte de notre maison. Prions humblement Délivre-nous du Mal, comme Jésus nous l’a appris, en disant :   retour

 

 

 

VENDREDI TROISIÈME SEMAINE

Os 14,2-10

Réponse du Psaume : Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur : mais écoutons la voix du Seigneur (EqC 63)

Mc 12,28b-34

 

Introduction

            Nous nous approchons de la mi-carême. Un certain travail intérieur doit être déjà accompli, avec l’aide du Seigneur. Il ne faudrait pas se laisser aller. Il faut persévérer, humblement. Demandons, comme nous y invite la Liturgie, de mieux entendre [pour mieux accomplir] la Parole de notre Maître. Pour nos surdités coupables, demandons pardon.

 

Pour l’homélie

            À la rencontre du thème.- Le message d’Osée est centré sur deux thèmes : un appel à la conversion (vv. 2-4) et une description du bonheur que l’amour de Yahvé réserve à son peuple infidèle, s’il revient à lui.
 

            La péricope de Marc semble vouloir être parallèle à celle d’Osée, si on personnifie le peuple infidèle à ce scribe qui, « converti », s’approche positivement de Jésus et reçoit de lui cette belle affirmation : Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu. Le lieu du plus grand bonheur, bien sûr, eschatologique !
 

            Cette péricope de Marc apparaît aussi le Jeudi de la 9ème semaine du T.O. et la parallèle de Matthieu le Vendredi de la 20ème semaine du T.O. À ces deux endroits il faudrait aller chercher des renseignements exégétiques.
 

            Même si la citation d’Os 6,6 concernant les sacrifices et l’obéissance ne fait pas partie de la péricope d’Os d’aujourd’hui ; quelque chose de très proche y apparaît : Au lieu de taureaux, nous t’offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres. C’est le passage du plus matériel au plus spirituel… pourvu que les paroles des lèvres soient aussi celles du cœur du priant.
 

            Grand et premier ; et est explicatif non additif. Ce commandement est le premier en importance parce qu’il est le plus important par son contenu, et vice versa. L’adjectif πρώτος ne signifie pas ici le premier de plusieurs mais le premier de tous quant à la signification, celui qui donne la vraie signification à tous les autres.
 

            En conséquence le deuxième qui lui est semblable signifie un deuxième commandement aussi important que le premier ; le deuxième commandement n’est pas comparable, ni analogue au premier, mais égal à la gravité de ce qu’il prescrit ; par ailleurs, il n’est pas identique au sens d’interchangeable.
 

            Comment comprendre les mots comme toi-même ? Dans ce contexte, ils ont probablement le sens des expressions de tout ton cœur, toute ton âme, toute ta pensée du premier commandement : l’amour du prochain doit mobiliser la personne tout entière, tout comme doit le faire le service de Dieu.
 

            Question de carême : Où en sommes-nous de notre progrès dans la fidélité au double commandement ? Car sans cette fidélité, le reste que nous puissions accomplir n’aurait aucune valeur.

 

Passage au rite

            Parmi tous les hommes, qui, en dehors de Jésus, a accompli parfaitement Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force ; et Tu aimeras ton prochain comme toi-même ? Personne n’a de plus grand amour que celui qui donne la vie pour ceux qu’il aime. Nous rendons présent l’acte d’amour du Christ. Puissions-nous en être de vrais disciples.

 

Pour le Notre Père

            Puissions-nous encore dire la prière apprise des lèvres de Jésus de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit, de toutes nos forces… Disons donc :   retour

 

 

 

 

SAMEDI TROISIÈME SEMAINE

Os 6,1-6

Réponse du Psaume : Donne-nous, Seigneur, un cœur nouveau : mets en nous, Seigneur, un esprit nouveau (EqC 46)

Lc 18,9-14                                                                                                                              

 

Introduction

            De même que nous ne pouvons parler de Noël comme si Jésus n’était pas né ; de même non plus nous ne pouvons pas parler de Pâques somme si Jésus n’était pas glorifié. Il l’est ; nous en bénéficions ; nous devons tendre à en goûter pleinement les fruits. Notre participation dans le temps est l’avant-goût du goût plénier de l’éternité. Demandons pardon de nos manques de foi.

 

Pour l’homélie

            À la découverte du thème.- Osée décrit une cérémonie d’expiation et de pénitence (vv. 1-3), organisé par le peuple. Celui-ci espère obtenir le pardon de Dieu en même temps qu’une sorte de résurrection sitôt achevés les trois jours prévus pour cette solennité. Le prophète oppose ici la connaissance de Dieu aux rites célébrés sans foi, mais aussi à l’idolâtrie qui prend Dieu pour ce qu’il n’est pas, et le réduit au gré des vues humaines. La connaissance de Dieu intellectuelle n’est rien sans la découverte de l’amour de Dieu tel qu’il se révèle à nous, et sans un attachement fidèle à cet amour (v. 6). (Maertens-Frisque, III, p. 189).
 

            La parabole est surtout une leçon : un pécheur pénitent est plus agréable à Dieu qu’un orgueilleux qui se croit juste. La prière que le Christ met sur les lèvres du pharisien est un modèle que l’on trouve parfois en termes équivalents dans les documents rabbiniques contemporains : l’orant n’émet aucune demande (ce serait indigne !), mais seulement des paroles de gratitude pour la certitude qu’il a d’être sur la route du bonheur éternel. En écoutant cette prière, les auditeurs devaient s’y reconnaître : qu’y aurait-il à critiquer ce texte ?
 

            La prière du publicain s’inspire du Psaume 51/50. Elle exprime le profond désespoir que les auditeurs du Christ devaient bien comprendre, car, à leurs yeux, le désarroi du publicain était sans solution. Comment pouvait-il obtenir le pardon sans changer de métier et sans rembourser toutes les personnes spoliées par ses soins ? Son cas est vraiment désespéré ; la justice lui est définitivement refusée. Or la conclusion de Jésus se dresse contre l’opinion de ses auditeurs : Dieu est le Dieu des désespérés et l’homme qui obtient la justice est précisément celui qui n’y a aucun droit puisqu’il n’a même pas réparé sa faute. (Ibidem, p. 190-191). [Le publicain a-t-il eu conscience d’être pardonné ? – Question de P. Ange]
 

            D’après Joachim Jeremias (« La parábolas de Jesús », Editorial Vebo Divino, Estella, 1971, p. 177) « Jesús ne nous dit pas ce que le publicain a fait pour obtenir le pardon; cependant il donne un indice indirecte sur cette façon d’agir de Dieu, apparemment si injuste. La prière du publicain est une cite biblique. Il prie avec les premiers mots du Psaume 51/50, il y ajoute seulement un τώ άμαρτωλώ (à moi, pécheur) dans un sens adversatif : “ Mon Dieu, aie compassion de moi, qui suis si (grand) pécheur ”. Mais dans le même Psaume il est dit : “ Le sacrifice qui plaît à Dieu c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé ” (v. 19). Dieu est tel qu’il est décrit dans ce Psaume 51. Il dit “ oui ” au pécheur désespéré et “ non ” au juste à ses propres yeux. Il est le Dieu des désespérés, et sa miséricorde à l’égard de ceux dont le cœur est brisé et broyé n’a pas de limites. Il agit ainsi à travers moi, son envoyé »
 

            Le thème : Osée affirme de la part de Dieu : C’est l’amour que je désire, et non les sacrifices, la connaissance de Dieu, plutôt que les holocaustes. Les observances que le Pharisien cite dans sa prière étaient censées avoir la valeur de sacrifice. Or c’est presque évident le parallèle entre la parole de Dieu en Osée et la conclusion paradoxale de Jésus dans la parabole.

 

Passage au rite

            La vie de Jésus a donné au Père ce que celui-ci désire : l’amour et la connaissance, qui n’est pas resté ni irréelle, ni simplement verbale ; mais qui s’est exprimée en actes qui l’ont conduit au sacrifice de la propre personne. Absolument fondé sur l’amour, absolument absent de vanité, ni d’auto affirmation. Nous allons rendre présent cet acte d’amour ; puissions-nous être orientés par ce même esprit.

 

Pour le Notre Père

Pardonne-nous… pour pouvoir rentrer justifiés chez nous. Disons donc :   retour